Same­di, der­nier jour en Islande. On doit ren­trer à Keflavík, en pas­sant par Reyk­janes. On va prendre la 427, piste en terre qui borde la côte sud de la pénin­sule.

Petite erreur, on trouve pas la 427 et on se retrouve à Þorlák­shöfn. Pan­neaux indi­ca­teurs façon Brives-la-Gaillarde (i.e. absents et/ou pas clairs), notre carte n’est mani­fes­te­ment pas rac­cord avec la réa­li­té. Bon, ben nord-ouest dès que pos­sible et pis on arri­ve­ra bien quelque part, non ?

Fina­le­ment, après dix bornes de doute sur un bitume tout neuf, on arrive sur… la 427. Bru­ta­le­ment, après avoir tra­ver­sé une zone de chan­tier. En fait, carte et pan­neaux indi­ca­teurs sont un peu cham­bou­lés par la recons­truc­tion com­plète d’une grosse par­tie de la route, à quelques cen­taines de mètres de celle d’origine ; du coup, par endroits on roule sur de la terre neuve bien damée, à d’autres moments sur du rem­blai neuf en cours de fini­tion, plus loin on repasse sur la pré­cé­dente avec de la vieille piste à l’ancienne, c’est assez amu­sant une fois l’angoisse de “oùsqu’on est per­du ?” pas­sée.

Un peu plus loin, on se retrouve sur de la terre rouge, mais vrai­ment rouge, à perte de vue. Puis sur du pay­sage mort, genre celui que Arm­strong et Aldrin ont trou­vé en débar­quant sur la Lune, à perte de vue tou­jours. On manque se faire per­cu­ter par un 4x4 pour qui la limi­ta­tion à 80 et les “ralen­tir” en som­met de côte sont plu­tôt sym­bo­liques, puis on revient sur du bitume. À un moment entre Hel­la et ici, le vent s’est levé, façon bien levé…

Petit détour à droite, on va visi­ter des trous dans le sol avec de la vapeur qui s’échappe.

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Ama­teurs de bains de boue, méfiance : c’est à 80 °C, là-dedans.

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Y’a des vapeurs sul­fu­rées qui sortent du sol par­tout, une odeur d’œuf pour­ri enva­his­sante. Ma mère trouve ça génial et dit que ça lui dégage les sinus ; pour ma part, ça s’attaque direc­te­ment aux bronches et elles aiment pas du tout — souffle court, suf­fo­ca­tion… Mar­rant comme on réagit pas tous pareil à un truc comme ça…

Sur le retour, on se gare au Græ­na­vatn, lac connu pour sa cou­leur verte (vu le nom, on s’en serait dou­té). Ma mère brave le vent pour aller le pho­to­gra­phier, j’ai pas le cou­rage. Même chose au Bláa Lónið, source d’eau chaude trans­for­mée en énorme usine à tou­ristes, qui viennent s’y bai­gner moyen­nant 25 €.

Plus loin, on s’arrête à l’extré­mi­té de l’Islande, du moins on a pas trou­vé de che­min pour aller plus loin. Pas mal d’oiseaux, pay­sage sau­vage, accès presque tria­li­sant pour une Swift (et avan­cer à deux à l’heure de manière stable avec une boîte auto, c’est pas for­cé­ment simple, même si en contre­par­tie on risque pas de caler).

En remon­tant vers le nord, on stoppe pour un der­nier arrêt tou­risme.

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Là, je suis en Amé­rique. Ma mère est sur le rift médio-Atlan­tique. Et les rochers au fond sont en Europe. C’est beau, c’est sym­bo­lique, c’est mar­rant ou c’est lou­foque, comme vous vou­lez ; moi, ce que je retiens de ce pont…

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…c’est cette énorme palis­sade en bois qui casse le vent arc­tique. Les deux minutes pas­sées là sont un havre de paix dans un énorme mael­ström d’air.

Le soir, on se trompe d’hôtel, et ce n’est que quand le res­pon­sable arrive qu’il nous dit que ah mais non, le vôtre c’est là-bas. Le len­de­main à 4 h 30, on rend la voi­ture au loueur de Keflavík, puis on grimpe dans l’avion (enfin, ça prend plus de temps en réa­li­té, sur­tout avec le pas­sage en bou­tiques détaxées, l’achat de sou­ve­nirs, l’élimination des der­nières cou­ronnes et la dépense des pre­miers euros).

En route, je revois (500) jours ensemble, c’est tou­jours excellent, mais j’ai du mal à com­prendre pour­quoi Ice­lan­dair met un aver­tis­se­ment pour les mineurs avant l’accès au film et pour­quoi, ensuite, on a quand même une ver­sion cen­su­rée — ça m’a sau­té aux yeux dans le tout pre­mier plan, celui qui n’a qu’une cita­tion sur fond noir expli­quant que toute res­sem­blance avec des per­sonnes réelles etc. Ma mère ne regarde rien : elle est mau­dite et est tom­bée sur un écran défec­tueux… comme à l’aller.

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