Encore une fois, restau au bord de l’eau. À nouveau, buffet à volonté. Mais ici, on est sur un port, séparés du quai par une superbe palissade en verre.

Juste derrière, deux destroyers indiens, le Delhi et son sister-ship Mysore. Le Delhi était occupé à préparer une sorte de fête, d’où les filets orangés à l’arrière du hangar des hélicos et un orchestre qui répétait très ponctuellement. À la proue, une vigie habillée en noir mat de pied en cap dans un costume de Dark Vador, qui devait donc cuire à l’étouffée par 60 °C.

On discute mollement en grignotant pendant deux heures — il semblerait que tout le monde soit vaguement assoupi. Puis, bus vers… le site de l’exposition universelle. Beaucoup de bâtiments très lourds, prétentieux, excessifs — oui, on peut en dire autant de la tour Eiffel, ça me choque pas. Et visite du site à pieds, par 35 °C à l’ombre — et y’a pas d’ombre. Heureusement, il y a un petit vent de mer qui rafraîchit agréablement et au final, c’est largement moins étouffant que Paris.

Et puis, si Courchevel a des téléphériques, y’a pas de raison que Lisbonne n’en ait pas. Celui-ci va d’une gare au bord de l’eau à… une gare au bord de l’eau, passant par un alignement de pylones les pieds dans l’eau. Je cherche toujours l’intérêt du truc.

On arrive à l’aéroport, une heure de battement, un peu de somnolence, un tour dans une boutique détaxée… Surprise : le prix hors taxes est 30 % plus cher qu’ailleurs, donc au final, l’immense majorité des produits sont plus coûteux que dans nos supermarchés ! Les exceptions sont bien entendu les produits surtaxés, en particulier les clopes, mais les fumeurs feraient mieux d’arrêter plutôt que d’acheter des cartouches complètes.

Début de discussion sur le bilan du séjour, ce qu’on a pensé de ce qu’on a vu (cool !), de ce qu’on a touché (pas le droit d’en parler), tout ça. Bilan pour Aurélie : « ce qui fait chier, c’est que j’ai perdu mon portable, je l’ai pas vu depuis Roissy »… Ding ding, ça me rappelle quelque chose. La prochaine fois que je vois un gardien embarquer un téléphone, au lieu de me dire qu’il a forcément dû appeler et attendre dix minutes pour voir si quelqu’un revenait, je crie très fort, promis.

On monte dans l’avion, surprise : alors que je suis repassé par l’accueil d’Air France pour demander un siège près d’un hublot (envie de regarder l’aile fonctionner en vol), je suis côté couloir. Luc échange sportivement avec moi (merci encore), je me pose au ras d’un hublot à tribord en regardant dehors. Vingt minutes plus tard, début du roulage, deuxième surprise : notre A320 est plus qu’à moitié vide, alors qu’on avait un A319 plein comme un œuf à l’aller.

J’observe le mouvement des volets, la remontée du bout d’aile pendant la prise de vitesse, je décide que ce sera plus intéressant à l’approche avec l’ouverture des spoilers/aérofreins.

Six minutes après la rotation, on survole une sorte de lagune au bord de l’Atlantique. Le contraste est très faible mais, après dix minutes de bricolage des courbes sous Bibble, j’arrive à quelque chose de pas trop mal — j’aime bien cette espèce de mille-feuille avec une couche de biscuit et une couche de mousse à la pistache craquelée… Ah oui, c’est bientôt l’heure des plateaux-repas.

Après la collation (la prochaine fois, je leur demande s’il n’ont pas plutôt un petit déjeuner, vue la différence de qualité entre les plateaux à l’aller et au retour), je vais faire un tour.

Y’en a qui dorment comme des bienheureux (dont une qui a déjà pioncé vingt minutes dans le bus et qui disait à 8 h 30 être en pleine forme) mais c’est surtout la rangée de sièges vides à bâbord qui m’intéresse.

Si, à l’est, on survole surtout du sol, à l’ouest, on profite d’une interminable vue sur l’Atlantique, moucheté de petits cumulus s’étirant verticalement loin en-dessous de nous. Je passe un bon moment à regarder par la vitre, et note au passage que l’avion se recale vers l’horizontale après chaque perturbation sans mouvement notable de l’aileron ni des spoilers. Soit ceux-ci sont suffisamment efficaces à cette vitesse pour que leur mouvement d’équilibrage soit invisible, soit l’avion est autostable et est juste maintenu en cap par la gouverne de lacet, ce qui pour un lignard ne m’étonnerait pas mais faudra que je demande à un spécialiste à l’occasion.

Après une grosse heure et demie de vol, je retourne à ma place, qui devrait logiquement être mieux positionnée pour surveiller l’atterrissage, annoncé face à l’ouest.

On passe au-dessus de Paris pour contourner l’aéroport… Les nuages apparaissent grosso modo au niveau de Bastille, juste en-dessous de nous, et on plonge en aveugle jusqu’à l’amorce du demi-tour. On retrouve le soleil après le retournement, et on se pose sur la 26L.

Comme prévu, c’est beaucoup plus intéressant de regarder l’aile à l’atterrissage : volets sortis et aérofreins déployés, j’aime bien regarder le bitume défiler dans le gros trou.

Débriefing express, malgré deux jours de cohabitation Sophie a encore un peu de mal à décoder quand je dis que le séjour était « pas mal », puis direction le RER. Je pense descendre à la gare pour reprendre la ligne 2, mais quelqu’un de plus futé que moi me fait remarquer que pour aller à Nation, la ligne A sera beaucoup plus rapide. Amen et merci.

Plus qu’à tirer le bilan.