Quit­tant la cita­delle à l’approche de midi, direc­tion l’hôtel She­ra­ton. On pose nos sacs, je récure mes san­dales sur les­quelles un gosse a eu la bonne idée de rendre en des­cen­dant de l’avion, déjeu­ner au res­tau­rant pano­ra­mique…

À quoi recon­naît-on des Fran­çais à l’étranger ? Ben c’est simple : s’ils sont huit, au lieu de prendre la table pour huit au milieu, ils pré­fèrent piquer des chaises pour s’entasser sur la table pour six dans l’angle, sous pré­texte de pro­fi­ter de la vue. Ensuite, c’est raz­zia sur la bouffe (eh, c’est que le qua­trième repas de la jour­née et il est midi pas­sé) et on attaque les choses sérieuses. On est au Por­tu­gal, et pas de doute : c’est un pays latin. Com­prendre bonne chère et bons vins.

On s’enferme ensuite pour la confé­rence de presse, dont qua­si­ment tout est sous embar­go mais qui était plu­tôt inté­res­sante, à la sor­tie de laquelle on récu­père les pro­to­types qui nous seront confiés pour 24 h. Le temps de récu­pé­rer ses affaires en notant au pas­sage la modes­tie des déco­ra­tions dans l’ascenseur…

(J’ai vu les mêmes motifs récem­ment sur un fri­go habillé par Swa­rows­ki dont le construc­teur a jamais vou­lu révé­ler le prix.)

…et on monte en bus, direc­tion Lis­bonne, ce qui rend cer­tains exta­tiques, mais n’empêche pas les autres de dis­cu­ter au fond…

Deux minutes plus tard, notre guide nous fait des­cendre et com­mence un périple dans les ruelles de la ville. Bonne sur­prise : Lis­bonne, c’est un peu comme une gigan­tesque Croix Rousse. Les rues sont toutes en pentes, sou­vent étroites, géné­ra­le­ment pavées, et des pas­sages de la lar­geur d’un homme ne sont pas sans rap­pe­ler les tra­boules lyon­naises.

En revanche, pro­me­ner huit Fran­çais et une dizaine d’Italiens dans un souk pareil, c’est ris­qué.

Madame la guide de notre groupe trans­al­pin, atten­dant devant l’église que ses ouailles aient la bonne idée de se regrou­per un peu. C’est-à-dire qu’à cet ins­tant, en théo­rie, on devrait être une quin­zaine autour d’elle. Je pense qu’elle a pas­sé l’après-midi à regret­ter de ne pas avoir une paire de petits pyré­néens.

Au pas­sage, on note­ra le tram à l’ancienne, sur lequel on revien­dra plus loin.

Contour­ne­ment de l’église, voi­là ce qui s’appelle un groupe folk­lo­rique. Habillés en noir en plein soleil, condo­léances à tous.

Laurent, pro­fes­sion­nel irré­pro­chable (le nombre d’appareils en témoigne), pho­to­gra­phie les chan­teurs. Luc, croyant qu’on ne le voit pas plan­qué à l’arrière-plan, pré­fère pho­to­gra­phier les spec­ta­trices…

Que celui qui n’a jamais fait ça lui jette la pre­mière pierre. (Là, vous le voyez pas, mais ima­gi­nez que je fais une tête d’ange qui regarde en l’air en sif­flo­tant.)

On repart dans les tra­boules, des­cente d’escaliers plu­tôt sym­pa­thiques (c’est à l’ombre)…

Arri­vés en bas, la déco est fran­che­ment super…

Là, c’est sans doute le moment où la guide compte ses Ita­liens en se deman­dant où sont pas­sés ces sata­nés Fran­çais. C’est simple : ils pho­to­gra­phient une autoch­tone qui les a apos­tro­phés et leur a par­lé une bonne minute en por­tu­gais — et alors non, même avec des notions d’espagnol et d’italien, ça n’a abso­lu­ment rien d’intelligible.

Quant au Fran­çais absent de la pho­to pré­cé­dente, il est en pause. Si vous comp­tez bien, cinq en haut, un ici, plus moi, il en manque un… Ben tiens, il est .

Dans la fou­lée, visite de l’église, très sombre, les pho­tos au grand-angle rendent pas trop mal mais bon, l’architecture reli­gieuse, ça va un moment… On sort, un vieux truc nous attend.

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