Il est quatre heures à El Alto, je somnole mal dans l’aérogare et l’embarquement commence enfin. Direction le 757 pour Miami.

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De manière assez amusante, dans ce vol pour Miami, on ne passe que le contrôle intérieur : c’est à l’escale de Viru Viru – Santa Cruz que l’on passera la vraie douane américaine. C’est donc une pure formalité de monter dans la première partie du vol, qui décolle au lever du jour et survole La Paz après un long demi-tour pour repartir vers l’est. On fait une espèce de vol parabolique, sans partie de croisière proprement dite, pour se poser à Viru Viru après trois quarts d’heure de vol et une approche juste au dessus d’une épave de Curtiss C-46, crashé là il y a deux ans et laissé sans doute pour rassurer les passagers.

Notre avion fait les pleins pendant qu’on passe la douane, et on redécolle tout droit vers Miami.

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Au début du vol, on passe au-dessus d’une couche nuageuse uniforme, mais ça se découvre au nord du Brésil et en Colombie.

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L’Amazone a l’air assez spectaculaire vu d’ici : forêt interminable, fleuves larges comme des bras de mer, ça donne très envie de jouer à Arthus-Bertrand. La frontière brésilo-colombienne est recouverte par un beau cumulo-nimbus presque aussi bien dessiné que dans les livres, qu’on contourne vaguement (du moins je pense, on a fait un virage à droite avant d’arriver dessus et un long gauche en le gardant dans nos neuf heures).

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Après pas mal d’heures de vol, je photographie un aéroport sans savoir ce que c’est, une fois chez moi je serai assez surpris de tomber directement dessus dans Google Earth en faisant une règle de trois à partir de l’heure de prise de vue et de la durée du vol : on a quand même quasiment pas dévié, en fait. Et pour les curieux, c’était Kingston.

Miami, comme à l’aller, je dois récupérer mon sac, passer la douane, ré-enregistrer mon sac et re-passer la douane. J’adore l’administration américaine. Petite subtilité supplémentaire : j’ai moins de deux heures pour embarquer. On attend les sacs trois quarts d’heure, on poireaute presque une heure dans une salle noire de monde avant le contrôle des passeports. Dans un coin, un petit panneau indique que le personnel est désolé pour l’attente, mais que des restrictions budgétaires indépendantes de leur volonté restreignent le nombre de guichets disponibles. En attendant, je flippe de rater ma correspondance.

Une fois passé, il me reste vingt minutes pour tout enregistrer sur la seconde partie du voyage. On est manifestement plusieurs dans le même cas, puisqu’on est plusieurs à courir comme des dératés en suivant les panneaux vers la zone d’embarquement. Arrivés dans la queue d’enregistrement, un vigile se met à gueuler « check-in bags », super agressif. On pense avoir raté l’enregistrement des sacs, on commence à revenir en arrière, il se remet à gueuler encore plus fort, toujours « check-in bags », sans plus d’explication ni de formule de politesse. « Yes, I know I need to check my bag in, but where is it ? » Imperturbable, il gueule derechef : « check-in bags ». Un autre vigile nous montre les étiquettes de nos sacs : « you already checked-in ? To France ? Give bags here », et brutalement on comprend que le premier gueulait comme un putois pour qu’on lui file les sacs enregistrés avant de passer les portiques. Ouais, ben fais des phrases au lieu de répéter les mêmes trois mots de plus en plus agressivement, on comprendra peut-être mieux, connard.

Enfin, j’arrive à ma porte d’embarquement. C’est la première fois de ma vie que je rate le début de l’embarquement, et je le rate pas qu’un peu puisqu’il n’y a plus qu’une dizaine de personnes devant le comptoir.

Enfin, le vol transatlantique est sans histoire, juste pas du tout en ligne droite (le 767 est seulement ETOPS-120 et doit donc suivre la côte en restant à moins de deux heures de vol des terrains de déroutement, ce qui l’oblige à passer assez près du Groënland et de l’Islande). On arrive à Roissy à l’aube, je suis complètement crevé et d’ailleurs, je suis à deux doigts de rater l’arrêt à gare du Nord : heureusement, l’entrée dans le tunnel me réveille.

Je remonte chez moi avec mes vingt kilos de bagages sur le dos et je remarque que c’est bizarre : le sac a l’air beaucoup plus léger qu’à l’aller et je souffle pas une seconde, trop facile.

Faut dire qu’en sortant de la douche, la balance me dit que j’ai perdu cinq kilos, que je mettrai deux mois à retrouver.