En reve­nant de ren­trer,

De retour du l’US armée…

J’ai été voir ma fian­cée,

Cinq ans que je l’avais quit­tée.

L’ai trou­vée avec un bébé,

Elle a pleu­ré, m’a expli­qué :

“Je t’en prie, essaie de com­prendre :

Ça fait trois ans que te t’attends.

Un homme arrive, beau et tendre,

Tout prêt à me faire un enfant.

Je n’sais même plus si je dois

Encore, pour ça, comp­ter sur toi ;

Si tu n’es pas mort au com­bat,

Mort au com­bat…”

J’ai été voir mon pauvre père,

Un tra­vailleur de misère

Qui tout le jour laboure la terre ;

Je veux reprendre ma vie d’hier.

“Vois-tu, mon gars, j’suis déso­lé,

Tu m’a lais­sé il y a trois ans.

Quelqu’un a été embau­ché

Pour faire ton tra­vail aux champs.

Je n’sais même plus si je dois

Encore, pour ça, comp­ter sur toi ;

Si tu n’es pas mort au com­bat,

Mort au com­bat…”

J’ai été voir un vieil ami

Avec qui on s’amusait,

Tous les dimanche après-midi,

À chas­ser les Noirs du quar­tier.

“Il paraît, pen­dant un com­bat,

Que t’as sau­vé un de ces nègres

Qui com­bat­taient avec toi…

Et moi qui te croyais intègre !

Je n’sais même plus si je dois

Pour raton­ner, comp­ter sur toi ;

Car tu es bien mort au com­bat,

Mort au com­bat…”

(04/06/09)