Pré­cé­dent Intro­duc­tion Sui­vant

Ce même 10 mai 2005, à dix-huit heures, tan­dis que nous arri­vions enfin aux grottes, un régi­ment com­plet pas­sa à Furet. Jusqu’à une heure du matin, la popu­la­tion fut gar­dée sous contrôle sur la place tan­dis que les mai­sons subis­saient une fouille sys­té­ma­tique.

N’ayant rien trou­vé, les mili­taires inter­ro­gèrent la popu­la­tion. Il fal­lait leur expli­quer com­ment dix per­sonnes avaient dis­pa­ru dans la jour­née et où elles étaient…

Enfin, à trois heures du matin, ils lais­sèrent les Fure­tais en paix et ren­trèrent chez eux avec la ferme convic­tion que tout n’était pas inno­cent dans la popu­la­tion du vil­lage.

Le 11 fut une jour­née de relâche pour les civils de la région.

Pour nous, ce fut une jour­née d’installation. On fouilla les six grottes de Lazest de fond en comble pour voir où l’on pou­vait entre­po­ser notre équi­pe­ment.

La qua­trième était par­faite dans le rôle de la cache où per­sonne ne va jamais. L’entrée était peu visible, et il fal­lait la connaître pour la trou­ver. C’était une cas­sure de quatre-vingts cen­ti­mètres de lar­geur et trente de hau­teur. Il fal­lait s’y glis­ser en ram­pant sur deux bons mètres avant que le pla­fond remonte jusqu’à un mètre cin­quante du sol. On avait là une chambre bien cachée, suf­fi­sam­ment grande pour entre­po­ser du maté­riel et abri­ter trois ou quatre per­sonnes.

La cin­quième res­sem­blait à la pre­mière : un trou béant, lar­ge­ment ouvert, où un fort vent pou­vait pro­je­ter la pluie. Inuti­li­sable en l’état, elle devait pour­tant abri­ter jusqu’à quinze per­sonnes plus tard, après avoir été amé­na­gée.

La sixième était juste un trou, qui s’enfonçait pro­fon­dé­ment dans la mon­tagne. Anne pou­vait ram­per plus d’une tren­taine de mètres dans ce boyau qui sem­blait inter­mi­nable. Une excel­lente cache, mais dif­fi­ci­le­ment uti­li­sable.

 

Le 12, nous étions ins­tal­lés pour de bon dans la deuxième grotte. C’était la plus habi­table et, en même temps, une des mieux pro­té­gées du vent et de l’eau.

 

Ce même jeu­di, le vil­lage au sud de Furet, Barin, fut le théâtre des pre­mières exac­tions mili­taires.

J’ai déjà par­lé de Kumi­ko, une Japo­naise qui avait épou­sé Jean Bres­son, un Bari­nois. Elle était concer­née par la loi sur l’immigration.

Cela fai­sait quatre semaines qu’elle avait reçu l’ordre de quit­ter le ter­ri­toire. Les gen­darmes avaient ten­té de l’arrêter une fois, mais ne l’avaient pas trou­vée.

Après avoir appris le com­por­te­ment des mili­taires à Furet, les Bari­nois s’attendaient à la visite d’un déta­che­ment. Et, effec­ti­ve­ment, ils furent réveillés à huit heures par le bruit des camions kaki.

Comme à Furet l’avant-veille, la popu­la­tion fut ras­sem­blée sur la place du vil­lage. Ils vou­laient Kumi­ko et ne repar­ti­raient qu’avec elle.

Au bout de trois heures, aucun Bres­son n’était en vue. Ni Jean, ni Kumi­ko, ni Yoru, ni Tori n’étaient là.

Les mili­taires com­men­çaient à s’énerver.

Le peuple s’impatientait.

Le maire prit la parole pour deman­der aux hommes armés de lais­ser le vil­lage tran­quille.

– Nous vous lais­se­rons dès que Kumi­ko Bres­son aura été arrê­tée, lui répon­dit-on.

Il y eut alors un mou­ve­ment de pro­tes­ta­tion. La plu­part des gens ne vou­laient pas par­ti­cu­liè­re­ment aider Kumi­ko, mais vou­laient abso­lu­ment qu’on les laisse en paix.

Au bout de deux heures d’immobilité, la pro­tes­ta­tion devint trop forte. Trois per­sonnes ten­tèrent de sor­tir du cor­don mili­taire.

Cela com­men­ça par un sol­dat qui, pour arrê­ter la pre­mière, lui envoya une man­chette dans la tra­chée.

Ce coup finit d’exaspérer les gens, qui devinrent brus­que­ment plus mena­çants. Alors, cela fit tâche d’encre. Un autre sol­dat frap­pa quelqu’un, aus­si­tôt imi­té par un autre, et fina­le­ment ce fut une bataille ran­gée.

Après une demie-heure, tout se cal­ma. Un mili­taire avait été bles­sé, et huit Bari­nois étaient cou­chés. Per­sonne n’était gra­ve­ment bles­sé, mais deux vieux s’étaient éva­nouis.

Il fal­lut éva­cuer trois per­sonnes sur l’hôpital de Dague.

Cette affaire fut soi­gneu­se­ment étouf­fée. Ce n’était pas la pre­mière, et ça ne devait pas être la der­nière.

 

De nos grottes, on ne sut pas tout de suite ce qui s’était pas­sé.

Ce n’est qu’en fin de soi­rée que l’on vit arri­ver Jean, Kumi­ko, Tori et Yoru Bres­son, accom­pa­gnés de Paul Leblond. Ils avaient des fusils de chasse, de la nour­ri­ture, de la bois­son, des cou­ver­tures.

Yoru tom­ba dans les bras de Mona. Elles avaient un an d’écart et, Mona ayant redou­blé une classe, avaient pas­sé la majeure par­tie des der­nières années ensemble.

En quelques mots, Yoru expli­qua les évé­ne­ments de la jour­née. Elle conclut :

– Dans ces condi­tions, on n’était plus en sécu­ri­té à Barin. Alors, on s’est pré­pa­rés et on a pris le maquis.

Patrick s’approcha.

– Com­ment vous nous avez trou­vés ?

– On ne vous cher­chait pas par­ti­cu­liè­re­ment. Il n’y a pas d’abri sûr sur Barin. J’ai cher­ché un endroit tran­quille et je me suis sou­ve­nu des grottes où on était venues, Mona et moi.

– Vous ne nous cher­chiez pas ?

– Non. On se dou­tait que vous pou­viez être là, mais on n’était cer­tains de rien. On vou­lait sur­tout venir ici pour être tran­quilles.

– Et main­te­nant ?, deman­da Armand.

– Quoi, main­te­nant ?

– On fait quoi ?

Paul Leblond répon­dit :

– A mon avis, on est tous dans la même galère. Autant s’entraider.

– Plus on est nom­breux, plus on est repé­rables.

– D’accord, mais plus on est forts, aus­si.

 

Armand et Paul com­men­cèrent à argu­men­ter. Armand pen­sait que quinze per­sonnes dans deux grottes était trop visibles, et que les Bari­nois devaient trou­ver un autre endroit. Paul esti­mait qu’il valait mieux que l’on reste tous ensemble.

Ce fut fina­le­ment Anne qui, du haut de ses qua­torze ans, les remit d’accord.

– Armand, écoute. La nuit tombe. Dans dix minutes, on n’y ver­ra plus rien sans lampe. Si on les fout dehors, avec des lampes, ils se feront repé­rer. Ils nous feront repé­rer.

Elle s’interrompit. Tout le monde l’écoutait. Elle reprit :

– Pour cette nuit, on par­tage notre trou. Ça sera pas très confor­table, mais on y tien­dra. Demain, on se sépare.

Elle se retour­na vers Paul.

– Demain, vous pour­riez rejoindre les grottes de Char­vest.

– Anne, la reprit Claude, tu sais que les grottes de Char­vest sont plus grandes. Si on veut répar­tir la place, c’est nous qui devrions y aller.

– On peut voir ça demain ?

 

Anne eut gain de cause. Une fois de plus.

Trois lièvres avaient eu la bonne idée de se prendre aux col­lets. On man­gea, puis on par­la long­temps.

J’ai été sur­pris de voir à quel point les enfants — puisqu’il est conve­nu d’appeler ain­si toute per­sonne de moins de dix-huit ans — étaient conscients des évé­ne­ments.

Déjà, Mona avait plu­sieurs fois pris la direc­tion des évé­ne­ments. Anne avait éga­le­ment sou­vent fait preuve de plus d’aplomb que ses aînés.

Yoru aus­si savait ce qu’elle fai­sait. Comme Mona, elle avait mené le groupe jusqu’aux grottes. Tori, elle, n’avait que dix ans ; pour­tant, elle avait sui­vi la poli­tique des mois pré­cé­dents. Elle savait ce qu’était le fas­cisme. Elle avait com­pris que sa mère était désor­mais en dan­ger aus­si long­temps qu’elle res­te­rait en France. Elle avait peur. Elle avait subi la charge de l’armée du pre­mier mai et, en dix jours, s’était for­gé un moral de résis­tante. Elle était déter­mi­née. Plus que nous, peut-être. Pour elle, une seule chose comp­tait : sa mère devait res­ter. Le reste était secon­daire. Nos his­toires de poli­tique, de capi­ta­lisme sau­vage, de démo­cra­tie, elle les com­pre­nait, elle en connais­sait les méca­nismes, mais cela ne comp­tait pas pour elle. Elle vou­lait juste gar­der sa mère.

Tan­dis que nous nous dis­per­sions entre plu­sieurs idées, elle res­tait fixée sur une seule et unique chose, et c’est peut-être ce qui lui don­nait une telle volon­té.

 

La veillée se ter­mi­na vers onze heures. On se cou­cha dans la salle, sur une épais­seur de cou­ver­tures. J’étais dans le coin le plus haut, près du boyau qui s’enfilait dans la mon­tagne. Yoru était à coté de moi, sa soeur entre nous. Mona et Anne dor­maient plus loin. Les plus grands s’étaient répar­tis plus bas, plus près de l’ouverture.

Je dor­mis mal. Encore. Je dor­mais mal depuis le mas­sacre de Paris et, pour ma troi­sième nuit dans cette grotte, cela m’était par­ti­cu­liè­re­ment dif­fi­cile.

Il était trois heures du matin lorsque Tori se réveilla. Le ciel était lumi­neux et, mal­gré l’ombre de la grotte, elle vit mes yeux ouverts.

– Tu dors ?

C’était un mur­mure à peine audible, un souffle modu­lé. Je répon­dis sur le même ton :

– Non.

– J’ai envie de sor­tir un moment…

En silence, nous nous sommes levés. On est sor­tis dou­ce­ment, en pre­nant garde de ne réveiller per­sonne.

La nuit était tiède. Le vent était au Sud, comme en témoi­gnaient les nuages qui pas­saient devant la Lune.

Tori s’assit. Je me suis assis à coté d’elle. Elle appuya sa petite tête sur mon bras.

– Pour­quoi ça se passe comme ça ?

Il y eut un long silence.

– Tu sais pas non plus, c’est ça ?

– Je sais pas tout, tu sais…

– Pour­tant, tu sais plein de choses.

– Peut-être… Mais il y en a encore plus que je ne sais pas. Mona sait repla­cer un agneau qui se pré­sente par le siège. Moi, je ne sais pas.

– C’est pas pareil.

– A quoi ça ser­vi­rait de savoir pour­quoi ça se passe comme ça ? Peut-être, ton père te répon­drait que Dieu l’a vou­lu ain­si…

– Je crois pas en Dieu.

– Je sais. Mais Jean est catho­lique, lui.

– Moi, je suis comme Maman.

– Je sais aus­si.

– Et tu sais pas pour­quoi on veut ren­voyer Maman au Japon ?

– Ah, ça, si… Les gens ont voté pour des gens qui vou­laient ren­voyer tous les immi­grés hors de France.

– Tu sais bien que c’est pas ça que je demande. Pour­quoi des gens ont peur de Maman comme ça ?

– Ça, je sais pas. Les gens ont sou­vent peur des gens dif­fé­rents. Les catho­liques ont repous­sé les pro­tes­tants ici au sei­zième siècle.

– Pour­quoi ?

– Parce qu’ils étaient pro­tes­tants. A l’époque, il n’y avait qua­si­ment que des catho­liques, l’Église romaine était très puis­sante. Et puis, Luther et Cal­vin ont reje­té le pape et ont créé les églises pro­tes­tantes.

– Je croyais qu’on disait un temple pour les pro­tes­tants ?

– Ça dépend. Le bâti­ment, l’endroit où on prie, pour les catho­liques, c’est une église et pour les pro­tes­tants, c’est un temple. Par contre, une église, ça veut aus­si dire un groupe chré­tien, comme les catho­liques, les luthé­riens, les cal­vi­nistes, les angli­cans, les ortho­doxes etc… Donc, les catho­liques ont reje­té les pro­tes­tants parce qu’il cri­ti­quaient le pape, ils pen­saient dif­fé­rem­ment.

– Mais c’est pareil, à part pour le pape !

– Pas tout à fait, mais c’est vrai que les pro­tes­tants et les catho­liques se res­semblent énor­mé­ment. Mais il a fal­lu des siècles pour qu’ils s’en rendent compte et qu’il vivent ensemble.

– Et pour Maman ?

– Et bien… L’immigration, c’est assez récent. Les Fran­çais n’avaient pas l’habitude de voir des gens dif­fé­rents, alors ils en avaient peur et les reje­taient. Les gens ont peur de ceux qu’ils ne connaissent pas. Alors, il est facile de les accu­ser de tous les maux, de dire que c’est à cause d’eux qu’il y a du chô­mage etc… Alors, il y a quelques par­tis poli­tiques, si on peut appe­ler ça comme ça, qui ont com­men­cé à dire qu’il fal­lait ren­voyer les immi­grés hors de France. La Ligue de Res­tau­ra­tion Natio­nale est née comme ça. Et à force de dire que les étran­gers créent tous les pro­blèmes de France, ils ont fini par le faire croire aux gens. Ils ont dit plein de trucs comme que les immi­grés étaient la cause de l’insécurité, que l’Islam était incom­pa­tible avec la démo­cra­tie et tout…

– Mais Maman, elle est pas musul­mane, elle est shin­toïste.

– Pour eux, ça change rien. Elle est quand même dif­fé­rente d’eux. Alors ils en ont peur quand même. Et je vais te dire, pour moi non plus, ça change rien. Les musul­mans peuvent être aus­si sym­pa que les shin­toïstes. La reli­gion, c’est pas impor­tant. C’est les gens qui le sont. Il y a des gens bien et des salauds par­tout.

– Et pour­quoi vous êtes dix ici, alors qu’on n’est que cinq ? Alors que Barin est deux fois plus grand que Furet ?

– Les cir­cons­tances ne sont pas les mêmes. Cris­to a tué un mili­taire pour sau­ver Mona. Et Armand et moi étions avec lui. Et Gilles avait pris sa défense avant. A Barin, il n’y avait per­sonne à pro­té­ger. Per­sonne n’a dû s’engager pour que vous res­tiez libres. Nous, on s’est enga­gés sous la pres­sion, dans le feu de l’action, sans réflé­chir.

– Si tu avais réflé­chi, tu ne serais pas là ?

– Je ne sais pas. C’est mar­rant… Mona m’avait deman­dé ce que je ferais s’il fal­lait s’engager, avant. J’avais répon­du que je ne savais pas et même main­te­nant… Si c’était à refaire, je ne sais pas ce qui se pas­se­rait. Tu n’as pas hési­té, toi ?

– Non. Ils vou­laient Maman. Je vou­lais pas. C’est tout.

– J’aimerais que ça soit si simple pour moi…

– Yoru a rai­son. Tu réflé­chis trop.

J’ai sou­ri, sans répondre. Ce n’était pas la pre­mière fois que je rece­vais ce genre de remarque. J’étais plu­tôt céré­bral. En fait, moi-même, si l’on m’avait pré­sen­té un gars dans mon genre en me deman­dant s’il pou­vait mener une guerre de maquis, j’aurais pro­ba­ble­ment ri à la simple évo­ca­tion de cette éven­tua­li­té.

– Tu crois que ça va finir com­ment ?

– J’en sais rien. Il faut attendre et voir… J’ai du mal à croire que l’on nous lais­se­ra tran­quilles ici. Sur­tout si de nou­veaux groupes prennent la mon­tagne tous les deux jours.

– Marc…

Elle se pla­ça face à moi.

– Tu crois que ça va être la guerre ?

– J’espère pas. Mais… J’en ai peur, oui.

– On peut gagner ?

– S’il y a la guerre ? Non. On peut peut-être résis­ter des années, si on est nom­breux. Pour gagner… C’est toute la France qu’il faut sou­le­ver. Toute la France.

 

Elle bâilla. Je pro­po­sai :

– On rentre ?

– J’ai pas envie. Il fait bon ici.

 

Je me suis allon­gé sur le sol. Elle s’est cou­chée contre mon flanc, la tête sur mon bras. En-dehors de quelques nuages, le ciel était déga­gé.

– Tu connais les étoiles ?, deman­da-t-elle.

– Pas trop… A part la Grande et la Petite Ourse et Cas­sio­pée…

– C’est vrai ?

– Vrai de vrai.

– C’est facile, pour­tant.

Elle ten­dit son doigt.

– Là, si tu pro­longes le manche de la Grande Ourse, du coté cas­se­role, les deux qui brillent, c’est Cas­tor et Pol­lux. Tu fais un rec­tangle à par­tir d’elles jusqu’à la Voie Lac­tée, et tu as les Gémeaux. Si tu conti­nues, de l’autre coté de la Voie Lac­tée, il y a Bétel­geuse qui se détache.

Elle se retour­na.

– Si on part dans l’autre sens, entre la Grande et la Petite Ourse, tu as la queue du Dra­gon. Elle part comme ça, puis ça revient comme ça. Là, c’est la tête. Là, c’est Her­cule et là, Véga.

My name is Luka

– Quoi ?

– Suzanne Vega, c’est une chan­teuse. Elle a fait une chan­son très connue, ça par­lait d’un enfant qui se fait battre et qui a peur que les gens le sachent. My name is Luka, I live in the second floor. I live ups­tairs from you ; Yes, I think you’ve seen me before…

– Je com­prends pas.

– Excuse-moi. Ça va don­ner, euh… Wata­shi ha Luka desu, san ikkai…

Elle m’interrompit :

– En fran­çais, ça ira.

– Je fais tant pitié que ça ?

– Oui, répon­dit-elle impi­toya­ble­ment.

J’ai tra­duit, comme je pou­vais, la chan­son. Elle a écou­té atten­ti­ve­ment, puis :

– Et les enfants qu’on chasse de l’école, quand est-ce qu’on fait une chan­son sur eux ?

– Je sais pas. Allez, on devrait dor­mir.

Elle reprit mon biceps comme oreiller, et conti­nua à regar­der les étoiles.

– Pour­quoi tu dors pas ?

– Parce que tu me parles. Allez, dors !

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