Paris, semaine 12

Professionnellement, la semaine a été très intéressante : d’abord, j’ai rencontré Nilo, la collègue qui bosse avec Renaud sur la photo pour LesNums. Grosso modo, on se croisait depuis mon arrivée ici sans se voir : en fait, elle est en alternance et n’est donc pas toujours au bureau.

Mardi, c’était la longue et double conférence de presse où Canon nous a présenté son EOS 50D. Ils ne nous ont pas refait le coup du 1000D (le lever à 5 h 30 pour découvrir un produit hum, comment dire ? Ouais, dans le doute, je vais m’abstenir, là) : on a eu la documentation lundi vers 15 h. Du coup, resté au boulot lundi jusqu’à 19 h 30 pour digérer les communiqués et programmer les articles, mais pu dormir à peu près normalement. Mardi, 7 h 45, place des Vosges, on nous présente le bestiau, et on sait tout de suite qu’on va devoir corriger nos actus : en fait, il remplace pas le 40D, oups. La prise en mains se déroule bien, dans une ambiance confinée mais détendue — grosso modo, c’est le noyau dur des journalistes photo qui a été convié, moi, je me suis juste trouvé une place grâce à mon chef de rubrique préféré.

À 9 h 30, c’était la conférence généraliste, qui présentait toutes les nouveautés Canon (un reflex, trois compacts, quelques camescopes et ∞-1 imprimantes), avec des médias beaucoup plus variés et une mise en scène beaucoup plus… mise en scène (si vous connaissez mon goût pour la sobriété sur ce plan, vous saurez ce que j’en pense).

Mercredi, donc hier, j’étais pas censé bosser. Du coup, j’ai dormi normalement pendant que Renaud découvrait le D90, premier reflex avec fonction vidéo, secteur qu’aucun de nous n’aurait imaginé défriché par Nikon jusqu’à il y a deux semaines.

En fin de matinée, c’était une non-conférence de presse, à laquelle j’ai suivi Renaud parce que sans savoir exactement ce qui allait être présenté, on s’attendait à du lourd. Et aussi pour rencontrer quelqu’un avec qui je discutais sur Internet depuis quelque temps, et qui m’a accueilli en me qualifiant de « garçon très bien, mais mal accompagné ».

Grosso modo, si je dis ce que j’y ai vu, un groupe de ninja va venir spécialement du Japon pour découper en rondelles les gens qui nous ont invités, donc je m’abstiendrai (ils ont l’air sympa, même si, entre Renaud qui culmine à peu près à deux mètres et notre hôte qui fait un bon mètre nonante, j’ai brutalement découvert que j’étais très, très petit). Tout ce que je peux dire, c’est que la Kina s’annonce bien pour les pins ; le reste, au terme du contrat que j’ai signé, j’ai même pas le droit d’en parler à mon rédac-chef sans nécessité absolue.

Là aussi, l’ambiance était très détendue, on a causé boutique, commerce, technique, y’avait vraiment de tout, et j’ai maintenant une idée un peu plus précise de ce qu’est un « working sample » — l’équivalent en matériel photo d’une version « alpha 1 » d’un logiciel.

Le problème, c’est que les gens sympa, ça bavarde. Du coup, je suis arrivé avec cinq minutes de retard et zéro repas à mon rencart pour signer le bail et récupérer les clefs de mon nouveau chez-moi. Il faut donc maintenant que je pense à dire aux gens qui existent que je change d’adresse.

Je suis au fond d’une arrière-cour, donc relativement protégé des bruits de rue et isolé de Paris. Pour ce que j’ai vu, le soir, y’a des gens qui sortent leur chaise longue devant chez eux, et c’est pas place de la Concorde qu’on verrait ça.

À faire des allers-retours pour déménager mes affaires (je finis demain soir), je suis passé plein de fois par le changement entre les lignes 2 et 6, à leur terminus commun à Nation. Jusqu’ici, j’y passais deux fois par semaine, le jour où j’allais au bureau, et j’arrivais juste à râler parce que j’arrivais pas à enregistrer dans quel sens partent les trains de la 6 (Nation-Étoile par Montparnasse, ou « circulaire sud » si vous préférez). Là, j’ai compris, et Internet m’a permis de confirmer : le terminus de la ligne 6 est une boucle, ce qui n’est pas très étonnant en soi, mais particulière en ceci qu’une partie de la boucle sert à stocker les rames d’appoint. Donc, aux heures creuses, le départ de la boucle est bourré de voitures arrêtées et les trains qui roulent rebroussent chemin ; aux heures pleines, toute la boucle est libre et les trains font le tour complet.

Après quelque temps de réflexion, en fin de matinée, je suis aussi passé chez Numericable. D’une part, c’est moins cher (19,90 euros par mois, vu que télévision et téléphone ne m’intéressent pas) ; d’autre part, et surtout, il n’y a pas besoin qu’un technicien vienne brancher la ligne téléphonique, laquelle est perdue puisqu’inutilisée depuis plus de trois mois. Je suis donc parti de la boutique avec mon modem sous le bras et, si la vendeuse n’avait pas oublié de me filer un câble coaxial (je ne m’en étais pas inquiété, supposant qu’il était dans la boîte du modem), j’aurais pu profiter d’internet à midi. Cet après-midi, j’ai donc testé la ligne ; je suis loin des 100 Mbps dont certains profitent, mais je suis entre 20 et 30 Mbps, ce qui est déjà pas mal…

Et j’ai au passage découvert l’interface de gestion du modem qu’ils fournissent, et j’ai brutalement eu la confirmation douloureuse que le système de réglage des Freebox est archi-pourrave. Le modem intègre son propre serveur web (sans doute Apache, vu qu’il y a un carton expliquant la licence GPL dans la boîte), et se règle très facilement par là, en local. On ressent beaucoup plus vivement l’absurdité du système Free, où l’on règle son modem sur son compte perso, puis où l’on doit à chaque fois le redémarrer (débrancher/rebrancher, il n’y a pas de bouton pour le faire !) pour qu’il aille chercher ses paramètres sur le serveur…

Côté ciné, la semaine a été calme : deux films seulement. Dimanche, j’ai eu du temps dans l’après-midi et j’en ai profité pour aller flâner dans le parc de Bercy, photographier des canards, tout ça. Après, j’ai filé à l’UGC sans idée préconçue, et j’ai été voir le premier film qui passait : c’était La tombe de l’empereur dragon, troisième volet de la trilogie La momie (euh, on me dit que ce n’est pas une trilogie, mais juste une série en cours. Dommage, je trouvais que trois, c’était bien et qu’on pouvait s’arrêter là).

Bonne surprise : Brendan Fraser est à la hauteur du film. Oups, pardon, je reprends : mauvaise surprise : le film est à la hauteur de Brendan Fraser. Zéro scénario, zéro idée, juste du rythme, on sauvera juste Maria Bello et Isabella Leong, seuls éléments regardables (et fort regardables !) de cet échec, qui n’arrive même pas à donner une vraie envie de tuer le réalisateur.

Tout à l’heure, j’ai pris un ticket pour une des sorties de la semaine : Bangkok dangerous. Un très honnête téléfilm de la NBC, avec Steven Seagal dans le rôle principal. Y’a juste un truc que j’ai pas compris : tout au long du film, Steven a la tête de Nicolas Cage (vu dans Rock, Les ailes de l’enfer, Family man, Windtalkers, pas forcément des chefs-d’œuvre, mais des films honnêtes). Par ailleurs, le générique annonce comme réalisateurs les frères Pang (auteurs de l’excellent The eye), alors que le film est manifestement l’œuvre d’un Andrzej Bartkowiak ou d’un Michael Bay.

Ou alors, c’est juste qu’avec un casting d’enfer et des réalisateurs de génie, on a réussi à créer la quintessence du nanard. À vous de voir.