Le travail révélé, regards de photographes, paroles d’experts

au Musée des Arts et métiers jusqu’au 30 août, ***

Le monde du travail a toujours été un sujet fascinant pour les photographes de tout poil, du reporter désirant montrer le monde qui l’entoure à l’artiste utilisant une structure monumentale d’usine pour illustrer l’oppression ou la libération.

Monter une exposition de photos sur le monde du travail pose donc plus un problème de sélection que de recherche. Et sur ce plan, les étudiants en Master de psychologie du travail et d’ergonomie de la fac de Nanterre on fait du bon boulot. Une section en noir et blanc, avec tous les grands maîtres (Depardon, Riboud…) et quelques moins connus, une section en couleurs, dans les deux blocs quelques petits bijoux, dont une série de Jean-Michel Turpin sur le travail nocturne qui m’a vraiment laissé sur le cul…

La mise en scène est soignée, avec des éclairages un peu trop ponctuels mais tout de même plutôt réussis et des tirages de grande qualité, et assez régulièrement des photos qui se répondent — parfois piochées à des décennies d’écart et chez des photographes totalement différents.

Dès lors, pourquoi, mais pourquoi ne pas s’être contenté des « regards de photographes » ? Et qui a sélectionné ces « experts » (en pratique presque toujours ergonomistes ou psychologues : là, les étudiants n’ont pas souhaité sortir de leur milieu) et leurs paroles prétentieuses, intello, chiantes, qui tentent systématiquement de réinterpréter lourdement des images pour leur donner un sens abstrait ou tenter d’en faire des aphorismes hautement philosophiques, pourrissant totalement le rapport simple qu’on peut entretenir avec une photo réussie ?

Non, vraiment, que ces branleurs auto-satisfaits écrivent des articles dans Le nouvel observateur ou ouvrent un blog, s’ils tiennent à se masturber le cerveau en public, mais qu’ils évitent de pourrir des expos photos réussies. Merci à eux.

(Au passage, la lecture du livre d’or est très instructive et me conforte dans mon opinion : la moitié des félicitations sont écrites dans d’autres langues, dont un bref mais superbe « æ¥½ã—かった! », tandis que les messages les plus critiques sont tous écrits en français et parlent de ces commentaires à la con.)