Comment TNT peut vous faire exploser

Après mes péré­gri­na­tions pos­tales, lais­sez-moi vous par­ler un peu d’un concur­rent pour la livrai­son des colis : TNT. Alias “la rapi­diTNT”, slo­gan que seul un pubard cocaï­né pou­vait inven­ter sans se rendre compte que mon neveu de trois ans pou­vait le faire aus­si¹.

TNT, donc.

Ima­gi­nez que j’attende un paquet lun­di matin, soit le 27 décembre. Et que j’aie déci­dé de le faire livrer au bureau, parce que je sais de source sûre que je ne serai pas chez moi à l’heure du pas­sage des livreurs (en 9 h et 12 h, en géné­ral). Jusqu’ici, tout va bien.

Ça com­mence quand, le 27 à midi, le sui­vi de mon colis passe de “en cours d’acheminement” à “n’a pas été livré, contac­tez le ser­vice client au 0815 truc machin”. Déjà, un numé­ro sur­taxé pour un ser­vice client, alors que j’ai déjà payé le trans­port, ça me met tout de suite d’excellente humeur.

Là, la dame me dit que le livreur est pas­sé à 9 h 07 et que le bureau était fer­mé. Oui, en effet, on ouvre à 9 h 30. Ben il repas­se­ra demain matin. D’accord, s’il passe avant qu’on ouvre, il peut lais­ser le paquet à l’accueil de la pépi­nière d’entreprises dans laquelle on bosse — Métro­pole 19, pour les intimes. Okay, pas de pro­blème. Très bien, bonne jour­née madame.

Hier matin, donc le 28, rien à la loge en arri­vant. Rien au bureau non plus. À midi, tou­jours rien, j’envoie un cour­riel au ser­vice client de TNT. Réponse à 14 h : “Nous livrons contre émar­ge­ment nous ne pou­vons pas dépo­ser le colis sans signa­ture ‚mer­ci de nous pré­ci­ser vos ins­truc­tions svp.”

Okay, euh, pour­quoi la dame m’a dit que ça posait pas de pro­blème de dépo­ser à la loge, alors ? Vous avez déjà vu un gar­dien signer pour les paquets des entre­prises dont il garde les locaux ? Moi non. Elle vou­lait juste se débar­ras­ser de moi ou bien ?

Je pré­cise donc mes ins­truc­tions, en bref et cor­dial : dans ce cas, livrez après 9 h 30. En réponse, un cour­riel m’indiquant : “nous avons ouvert un dos­sier concer­nant cette expé­di­tion. Notre ser­vice concer­né vous rap­pelle dans les plus brefs délais” (sic, au pré­sent de l’indicatif et sans ponc­tua­tion finale).

Ce matin, jetant par acquit de conscience un coup d’œil au sui­vi de colis, sur­prise, je vous le mets en cita­tion pour que vous en pro­fi­tiez bien :

Votre colis a été dépo­sé le 27/12/2010 à 09:20 en Relais Colis®

Ah ah ah. Petit plai­san­tin, va. Donc :

1) TNT peut livrer en points relais (et met un ® à ce qui n’est qu’une des­crip­tion de la fonc­tion, s’appropriant ain­si un voca­bu­laire public), pos­si­bi­li­té qui n’avait été évo­quée ni au télé­phone, ni par cour­riel ;

2) si je les en crois, le colis y a été dépo­sé lun­di matin, 13 minutes après le pas­sage chez nous. Donc, sans attendre mes ins­truc­tions pour­tant expres­sé­ment deman­dées plus tard dans la jour­née.

De deux choses l’une : soit, en réa­li­té, le colis a été dépo­sé au relais ce matin, et affir­mer “le 27/12/2010 à 09:20” serait un faux en écri­ture pour peu qu’il y ait une signa­ture ; soit, en réa­li­té, le colis a bien été dépo­sé à l’heure dite, et l’appel à ins­truc­tions n’est qu’une façon pour l’entreprise de ramas­ser du blé en inci­tant les gens à appe­ler leur numé­ro sur­taxé.

Dans les deux cas, c’est aga­çant. D’autant que, au pas­sage, je n’ai tou­jours aucun cour­riel, coup de fil ou autre m’indiquant que mon colis a été dépo­sé : si je n’avais pas la manie de pas­ser quo­ti­dien­ne­ment sur les pages de sui­vi de mes colis en route, je serais encore en train d’attendre patiem­ment qu’on me recon­tacte comme pro­mis.

“Le tri­ni­tro­to­luène est un explo­sif, uti­li­sé dans plu­sieurs mélanges, notam­ment en pro­por­tion égale avec le nitrate d’ammonium pour for­mer l’amatol”, nous dit-on. Je constate que le mélange Franck Mée — TNT est éga­le­ment hau­te­ment explo­sif.

Mise à jour : je reviens du relais, où la tenan­cière m’a dit en gros : “non, lun­di, c’est pas pos­sible, j’ai pas de livrai­sons le lun­di”. Sans com­men­taire.

¹ Non, j’ai pas de neveu de trois ans, mais si j’en avais un je suis sûr qu’il pour­rait.