L’impossible devient blaireau

Il y avait long­temps que je n’avais cri­ti­qué une publi­ci­té. Pour­tant, il y a des lustres que celle-ci m’énerve. Le truc, c’est que je ne savais pas trop pour­quoi… Mais j’ai eu l’illumination hier, lorsque je la revis pour la pre­mière fois depuis plu­sieurs semaines, en ouver­ture de Rio.

Le concept est simple. Un joueur de sport quel­conque (vol­ley, je pense, vus le dia­mètre et l’allure du bal­lon) reçoit un coup de fil de sa copine, qui lui rap­pelle son retard au ren­cart. Grâce à la super bois­son blin­dée de caféine (mais débar­ras­sée de sucres, comme ça on meurt de crise car­diaque, mais maigre) qu’il s’enfile, un com­man­do vient le kid­nap­per pour l’amener, lavé et habillé, à sa prin­cesse avant qu’elle ne se barre avec le pre­mier venu. C’est bô l’amûr, tout ça.

Alors, qu’est-ce qui m’énerve ?

C’est simple : le mes­sage sous-jacent.

Repre­nons. On a un type qui zap­pé un ren­cart. Et pas à moi­tié zap­pé, genre le match a duré plus long­temps que pré­vu mais j’arrive, non : en sor­tant, il pro­pose à ses potes d’aller chez lui, façon j’ai rien de mieux à faire que de tom­ber des bières vau­tré devant la télé. En bon fran­çais, ça s’appelle un lapin.

Sa nana, elle, est là. À l’heure même, peut-on pen­ser, puisqu’elle l’attend depuis dix minutes. Logi­que­ment, si elle décide de se bar­rer avec le pre­mier venu, ce n’est que jus­tice sur le plan moral ; mais non, le type qui est là et fait des com­pli­ments (un peu lourds, okay, mais c’est une pub), c’est, je cite, “le cré­tin”, alors que le pignouf qui néglige sa copine est qua­li­fié de “notre héros”.

Le mes­sage fon­da­men­tal, c’est donc ça : c’est pas grave d’être un spor­tif avec un demi-cer­veau et de trai­ter votre nana comme de la merde : si vous buvez le truc qu’on vous vend, vous res­te­rez un héros.

Ben déso­lé, mais per­son­nel­le­ment c’est un mes­sage auquel j’ai un peu de mal à adhé­rer.

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