Ajustements

Que faire, quand on a un compte Face­book, des amis qui le suivent avec qui on veut par­ta­ger des choses, et qu’on bosse dans un uni­vers où 98 % des gens ont un compte et où cer­tains peuvent s’offusquer qu’on n’accepte pas dans la minute leur demande alors que nos contacts se sont limi­tés à trois mails et un coup de fil ?

Cer­tains se fichent d’offusquer les gens, mais curieu­se­ment (et quoi qu’en disent les rumeurs) ce n’est pas mon cas. D’autres acceptent tout le monde, ont 700 “amis”, et ne publient jamais rien, ou du moins rien de vague­ment per­son­nel ; ça n’est pas très pra­tique pour ceux qui, vivant loin de chez eux, uti­lisent ce biais pour gar­der le contact avec leurs amis (ceux sans guille­mets, les vrais de la vraie vie).

D’autres encore acceptent beau­coup de monde, mais publient des choses des­ti­nées en prio­ri­té aux amis. Géné­ra­le­ment, ça me choque pas, mais ça dérange cer­tains, comme je l’ai décou­vert récem­ment en enten­dant un “elle, je sais pas, elle publie des trucs per­so, enfin moi ça me regarde pas ça, ça me gêne un peu”…

Per­son­nel­le­ment, j’ai depuis long­temps un groupe de “proches”, qui ont accès à tout à part ce qui ne concerne que des indi­vi­dus très pré­cis, auquel je res­treins les publi­ca­tions les plus ciblées. Pour la petite his­toire, l’auteur de la cita­tion ci-des­sus est dans ce groupe, ça m’a amu­sé de consta­ter qu’elle me repro­chait pas de publier des trucs per­so alors que de mon point de vue, je parle par­fois de trucs aus­si intimes que la per­sonne dont elle par­lait.

Reste un sou­cis : amis d’une part, “amis” de l’autre, c’est bien beau, mais il reste déli­cat de tout ouvrir à tout. Plus exac­te­ment, il y a des gens avec qui je suis en contact très dis­tant et très épi­so­dique, que je n’aurais pas logi­que­ment dans une listes d’amis, mais que pour des rai­sons pro­fes­sion­nelles il est bon que je garde dans ma liste. Et sans même par­ler de trucs per­so, j’ai pas for­cé­ment envie qu’ils voient mes sta­tuts poli­tiques ou mes goûts ciné­ma­to­gra­phiques.

Il y a aus­si la ques­tion des des­ti­na­tions de publi­ca­tions. Les gens qui me connaissent savent que je peux par­ler pho­to, avions, métro, poli­tique, ciné­ma, musique, his­toire, phy­sique, esca­lade, méca­nique ou n’importe quoi pen­dant des heures. Je crois que ça peut deve­nir bar­bant¹. À cer­taines périodes, je peux publier plu­sieurs choses par jour sur le même sujet — salon du Bour­get, par exemple. Et celles-ci n’intéressent pas tout le monde.

Per­son­nel­le­ment, il y a quelques per­sonnes pour les­quelles j’ai adop­té une stra­té­gie radi­cale pour évi­ter les posts ne m’intéressant pas, en ces­sant de les suivre sur mon mur. C’est dom­mage, parce que cer­taines autres publi­ca­tions peuvent m’intéresser et qu’ainsi, je les rate.

Google+ a un avan­tage : les cercles, très faciles à créer, et sys­té­ma­ti­que­ment sélec­tion­nés pour toute publi­ca­tion. La fonc­tion des groupes d’amis de Face­book est bien moins pra­tique, mais il est désor­mais un peu moins com­pli­qué de sélec­tion­ner des groupes rapi­de­ment avant de publier quelque cho­se². Je me suis donc déci­dé à faire ce que je vou­lais faire depuis des lustres : créer des groupes thé­ma­tiques.

J’ai donc des groupes ciblés pour les publi­ca­tions des­ti­nées aux malades de machins qui roulent ou qui volent, aux férus d’informatique, aux pho­to­graphes confir­més… qui devraient déchar­ger un peu les murs des gens qui n’ont rien à foutre de l’actualité de Reno ou des cri­tiques du PS. Au pas­sage, si cer­tains veulent s’assurer d’être dans une de ces listes, qu’ils n’hésitent pas à me deman­der.

Et puis, un groupe de rela­tions res­treintes, où j’ajouterai essen­tiel­le­ment des gens de mon uni­vers pro­fes­sion­nel avec les­quels je n’ai pas de rela­tions per­son­nelles.

Le truc amu­sant, c’est que du coup, j’ai tota­le­ment éra­di­qué la notion d’”amis” au sens Face­boo­kien du terme : il est assez impro­bable que je publie quoi que ce soit à “amis” à l’avenir — ça pas­se­ra de “Public” à “Amis sauf res­treints”, et encore sera-ce pour ce que j’estime sus­cep­tible d’intéresser à peu près tout le monde.

¹ Ça s’appelle “tendre les verges pour se faire battre”. Allez-y, lâchez-vous, balan­cez tous les exemples où vous avez pas eu le cœur de m’arrêter alors que je vous rasais de pre­mière force. ^^

² Au pas­sage, Face­book en a pro­fi­té pour revoir l’ensemble des réglages de confi­den­tia­li­té, avec comme d’habitude des options par défaut dis­cu­tables : pen­sez à y re-jeter un œil.

Voir aussi :