Concrètement, ça sert à quoi ?

Y’a des fois, un vase déborde d’un coup et on se demande com­ment il a fait pour se rem­plir aus­si vite. Alors, on fait un mini-bilan d’étape, on remonte de quelques semaines pour voir d’où vient l’eau.

C’est ce qui se passe cette nuit avec (entre autres) mon compte Face­book. Une remarque, celle de trop peut-être, ou un enchaî­ne­ment mal­heu­reux, tou­jours est-il que j’ai bru­ta­le­ment réa­li­sé que Face­book, fon­da­men­ta­le­ment, c’est un lieu d’expression pri­vi­lé­gié pour nos petites manies de psy­cho­pathes dépra­vés.

Brus­que­ment, je me suis ren­du compte que l’essentiel de mon acti­vi­té sur Face­book consiste à com­men­ter les sta­tuts de mes petits cama­rades, de pré­fé­rence avec un tour moqueur ou ridi­cule, et qu’une bonne part de leur acti­vi­té visible consiste à faire de même — notam­ment avec mes propres publi­ca­tions.

Concrè­te­ment : je râle qu’il me manque des infos, des col­lègues attaquent mes goûts ciné­ma­to­gra­phiques, on char­rie les atta­chées de presse d’Apple à l’approche d’une annonce, un confrère se plaint de ses inter­viewés, je me plains de mes lec­teurs, les gens qui rentrent de vacances sont pas contents, les gens qui emmènent leurs gosses à l’école non plus, un jour­na­liste retar­da­taire à l’IFA char­rie les RP qui y traînent, je moque un confrère qui a per­du du poids his­toire de mas­quer la frus­tra­tion que moi non, on cri­tique la presse, on cri­tique Face­book…

Fina­le­ment, pour trou­ver quelque chose de posi­tif, faut bien fouiller — et même là, on trouve qu’un ancien confrère a été inno­cen­té après avoir été per­qui­si­tion­né, c’est quand même pas le plus joyeux qui existe. 90 % du conte­nu de mon Face­book, c’est de la vanne à deux balles et de la cri­tique vaine, du gros troll de base sur Pro­me­theus ou The dark knight rises, ou de la cor­rec­tion de détails ortho-typo­gra­phiques dont même moi je n’avais rien à foutre. Et y’a pas si long­temps, c’était un enchaî­ne­ment d’engueulades poli­tiques entre les libé­raux de droite et les libe­rals de gauche.

Cette spi­rale néga­tive, en fait, ne fait que pro­lon­ger les piques qu’on se fait en live. Sauf que là, on n’a pas la tête du type en face ou l’intonation de la voix pour détec­ter si on plai­sante ou pas, si on touche un sujet sen­sible ou pas, si c’est le moment ou pas.

D’ailleurs, vous savez le pire ? Ce billet, c’est pareil : un gei­gnard qui se plaint que son mur il lui plaît pas. Je vais pos­ter le lien sur Face­book, tiens : ça s’appelle une mise en abîme et c’est la classe (et ça mérite des baffes).

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