Running gag

Vous vous souvenez peut-être de ce billet, où j’expliquais en détails mon étonnante expérience : une course de 10 km, truc de malades qu’aucun de mes profs de sport n’aurait jamais pu me convaincre de faire de son vivant.

Et bien figurez-vous que ça a recommencé.

Virginie, attachée de presse de Garmin, m’ayant de nouveau poussé d’un « chiche » bien placé, je me suis laissé entraîner dans un « happy run », événement ponctuel et désorganisé où les gens se rejoignent pour courir librement. C’était autour du lac Inférieur, à Boulogne, dont la ceinture fait environ 2,6 km, permettant à chacun de courir autant qu’il voulait.

J’ai pas encore pu récupérer les données de la montre qu’elle m’a accrochée au poignet (elle-même n’affiche que les intermédiaires, donc je sais juste que les données sont un peu moins flatteuses, sans doute parce que je l’ai démarrée avant, en marchant vers le départ), mais voici le résultat enregistré par le téléphone. La comparaison avec les données d’avril (d’une Garmin Forerunner 610) est éloquente…

Mais comme j’aime parler, je vais commenter aussi.

La première chose à remarquer, c’est l’extrême régularité des trois premiers kilomètres. En avril, j’étais parti à « mon » rythme, en suivant un confrère qui court régulièrement : nous avions fait le premier kilomètres en 5 min 24 s. Toutefois, j’avais décroché, essoufflé, au bout de 1,4 km, pour faire la première de mes 13 séances de marche.

Cette fois-ci, je suis parti avec trois filles (Virginie, une collègue nommée Morgane, et une troisième coureuse qui devait si ma mémoire est bonne s’être présentée comme Nadya), sur un rythme sensiblement moins élevé : le premier kilomètre a pris 6 min 20 s. Au milieu du deuxième kilomètre, Morgane en a eu marre d’attendre et a gentiment haussé le rythme, et je l’ai suivie, et nous avons fait le troisième kilomètre en 5 min 50. Total pour 3 km : 18’28 s selon la montre, 18’02 selon le tél.

Ensuite, j’ai fait une petite pause (une minute environ) et poursuivi un temps avec Virginie et Nadya, finissant ensemble le quatrième kilomètre. J’ai alors repris mes vieilles habitudes : alterner marche et course, avec 500 m de marche, puis 600 m de course… trop rapide : je me suis tué sur cette section, que j’ai finie devant les deux collègues (qui, elles, continuaient imperturbablement à leur rythme). J’ai marché jusqu’à la fin du deuxième tour, repris mon sac à la tente pour boire un coup, volé une demi-orange au ravitaillement et me suis étiré vite fait. Bilan : deux minutes de pause, suite auxquelles je ne devais plus revoir personne.

Reparti trop vite, comme d’habitude direz-vous, j’ai fait un kilomètre de grand n’importe quoi, durant lequel les cuisses faisaient mal très brutalement après deux cents mètres de course, pour paraître totalement reposées après vingt mètres de marche. Du coup, je me suis de nouveau arrêté plus d’une minute sur un gros rocher, l’utilisant comme appui pour m’étirer bien comme il faut, quadriceps, mollets, adducteurs, ischio-jambiers et même dorsaux, en m’appliquant à respirer à fond.

Ceci fait, je me suis remis à courir, en essayant de ne pas partir trop vite et d’avancer régulièrement. J’ai bouclé mon troisième tour comme ça, faisant 1,2 km en 7 min, soit sensiblement le rythme tenu lorsque j’avais suivi Morgane au troisième kilomètre. Arrivé à la fin du tour, constatant que le huitième kilomètre s’était parfaitement bien passé, j’ai hésité à poursuivre, ma flemme disant que j’en avais assez fait tandis que mon orgueil avait envie de pousser jusqu’à 10,7 km.

Finalement, j’ai décidé que ne sachant pas combien de retard j’avais, je n’allais pas laisser les filles geler peut-être cinq ou dix minutes en m’attendant (ah oui, il pleuvait) et que j’allais plutôt récupérer l’appareil photo pour les attendre à la fin de leur quatrième tour.

Au final, il faut tout de même noter trois choses. La première, c’est évidemment que j’ai enchaîné trois kilomètres de course, sans entraînement particulier, ce qui tenait encore de la mauvaise science-fiction il n’y a pas si longtemps : arrêter mon abonnement de métro et faire un maximum de trajets en Vélib’, mine de rien, ça a un effet.

La deuxième, c’est que c’est la première fois que j’arrive à pieds à retrouver un rythme et à refaire un kilomètre régulier après une période de blocage respiro-musculaire. Je connaissais ce genre de « second souffle » à VTT, mais je pensais que c’était une légende chez les coureurs ; ben non.

La troisième, c’est que par rapport à avril, j’ai moins mal aux quadriceps et plus aux mollets et aux abdos. C’est plutôt bon signe : ça veut dire que j’ai mieux réparti la charge et notamment que j’ai plus utilisé les pieds pour amortir plutôt que les cuisses, ce qui à son tour signifie que j’avais un équilibre plus en avant, ce qui est plutôt conseillé.

Maintenant, faut admettre que l’idée de m’y mettre plus régulièrement me titille l’esprit, vu que ça fait un an que j’ai arrêté l’escalade et que j’ai plus que le Vélib’ et mes cinq étages pour m’entretenir. Le seul problème devrait être de trouver une motivation… et de voir si je vais pas m’en lasser en trois séances.