Crétineries

Comme pré­vu, nous avons enten­du au jour­nal du jour un cer­tain nombre de conne­ries. J’en relè­ve­rai deux :

D’abord, Copé et ses potes parlent de “pas­sage en force” “sans vrai débat”. Ah.

Donc, quand un gou­ver­ne­ment de gauche applique son pro­gramme élec­to­ral, après avoir accueilli des asso­cia­tions fami­liales et même des asso­cia­tions cultuelles pour leur deman­der leur avis, et quand la loi est pré­sen­tée à l’Assemblée après plu­sieurs mois de dis­cus­sions qui masquent tout le reste de l’actualité, c’est un pas­sage en force.

Par contre, quand un gou­ver­ne­ment de droite décide uni­la­té­ra­le­ment, en quelques jours, d’une inter­ven­tion mili­taire en terre étran­gère (Libye, au hasard), c’est nor­mal.

Ensuite, Bou­tin nous demande : “est-ce que nous sommes tou­jours d’accord pour fon­der la socié­té sur la dif­fé­rence entre un homme et une femme ?”

Et bien jus­te­ment, puisque tu en parles, Cri­cri, non, on n’est pas d’accord pour fon­der la socié­té là-des­sus. Au contraire, c’est un mou­ve­ment récur­rent de l’Histoire récente que de réduire la dif­fé­rence entre l’homme et la femme, celle-ci ayant gagné le droit de vote, le droit de tra­vailler, le droit d’avoir son propre compte en banque, le droit de ne pas avoir à sup­por­ter seule les consé­quences d’un rap­port sexuel, bref, le droit de mener sa propre vie avec ses propres aspi­ra­tions et ses propres moyens.

Nous sommes au contraire d’accord pour mas­quer, autant que faire se peut, l’écart entre un homme et une femme. Bien sûr, je n’accoucherai jamais et je n’aurai jamais de seins (ou ça sera pas beau), mais à terme ça devrait être la seule dif­fé­rence entre un homme et une femme. Et je veux fon­der une socié­té sur un pro­jet, des valeurs, des ensembles de droits et de devoirs ; je ne veux pas la baser sur un truc aus­si basique que le fait d’avoir un uté­rus ou non.

Enfin, un illustre incon­nu dit, comme d’autres, qu’un enfant a le droit de savoir d’où il vient.

Okay, dans ce cas, il faut peut-être sup­pri­mer l’adoption plé­nière, qui sup­prime la filia­tion bio­lo­gique pour la rem­pla­cer par une filia­tion pure­ment admi­nis­tra­tive (enfin, et sen­ti­men­tale et édu­ca­tive, aus­si, des fois…).