Apprivoiser un Mac : le clavier

Dans mon nouveau boulot, on utilise parfois des logiciels comme Lightroom et InDesign. Du coup, on m’a dès le départ fait comprendre que j’avais le choix : Mac OS X ou Windows.

Comme 80 % des photographes et des journalistes, mes collègues s’équipent chez Apple. Donc, j’ai fait comme eux, avec l’idée qu’en cas de soucis, j’aurais des gens à embêter plutôt que d’essayer de trouver une solution moi-même.

Cela fait donc un mois et demi que je suis sous Mac OS X (Mountain Lion plus précisément) au bureau, et je suis bien entendu toujours sous Mint Cinnamon chez moi. J’ai donc souhaité faire un billet sur mes remarques concernant l’iMac 21,5 pouces et Mac OS X Mountain Lion. Et puis voilà, comme d’habitude, je me suis laissé aller, ça devenait très long au fil des digressions, et bon, ben j’ai fini par décider de couper l’interminable blabla en petits morceaux.

Voici donc la première partie : le clavier.

La première chose quiconque venant d’un PC remarque en passant sur un Mac, c’est que quelques touches ne sont pas au même endroit. Par exemple, le point d’exclamation n’est pas là, en bas à droite, mais ici, en haut au milieu, à la place du soulignement — qui pour sa part a volé la place de la touche =, avec son pote le trait d’union.

C’est pas forcément très grave : les lettres sont toutes à la même place, les principaux accents aussi (les aigus et graves font exception, mais la plupart du temps on les utilise pas en tant que tels en français). Ce sont surtout les trois touches ci-dessus qui me frappent, vu qu’elles sont assez présentes dans les textes pour que je les tape sans jamais regarder le clavier.

Accessoirement, en fait, le clavier Mac est plutôt mieux foutu : parenthèses, crochets et accolades sont sur les mêmes touches, tous les traits (union, soulignement, tiret cadratin) sont ensemble…

Curieusement ou pas, j’ai été plus perturbé par les différences d’ordre des touches Ctrl, Alt et Cmd, au lieu de Ctrl, Super¹ et Alt. J’ai énormément pris l’habitude de taper les raccourcis clavier sans regarder, et du coup, devoir taper Cmd à la place de Ctrl m’a fait foirer plusieurs commandes, jusqu’à ce que je prenne le taureau par les cornes et que j’inverse les touches Ctrl et Alt de mes PC — ainsi, sur toutes mes machines, l’essentiel des raccourcis clavier se fait avec « la touche à gauche d’Espace ». Non seulement je m’y suis fait, mais je trouve même ça plus pratique que « la touche la plus loin de toutes les autres », vu que j’ai souvent tendance à taper les raccourcis d’une seule main.

J’ai aussi re-mappé le raccourci « accueil » de Firefox à Ctrl+Home sous Mint (Super+Home ne passe pas), et à Cmd+Home sous OS X : ce raccourci aussi fait partie de ceux que je tape sans baisser les yeux de l’écran.

Cependant, il reste quelques cas qui utilisent Ctrl (et non Cmd) sous OS X et qui m’imposent une gymnastique particulière, en particulier le terminal.

En fait, j’admets un truc : sur ce coup, c’est Apple qui a raison. Ctrl était faite pour insérer des caractères de contrôle : retour chariot, tabulation, saut de lignes, effacement, annulation, échappement… Alt servait à insérer un caractère alternatif. Pour ajouter des raccourcis clavier pour les commandes d’applications, Apple a donc logiquement ajouté une touche dédiée : Cmd (à l’époque ⌘)².

Les claviers PC n’ayant pas ces touches, Microsoft a fait le choix de recycler Ctrl, partant du principe qu’à partir du moment où on était sous Windows, on n’allait pas essayer de rentrer des caractères de contrôle à la main. C’était relativement vrai : sous Windows, on n’utilise jamais la ligne de commande, trop pourrie pour servir.

Le drame, c’est que les Linuxiens ont gardé cette habitude, quittes à poser certains problèmes avec les terminaux : par exemple, pour interrompre un Ping (premier réflexe quand le Net ne marche pas), c’est Ctrl+C, qui est utilisé dans les applications graphiques pour copier la sélection, et il a fallu trouver une autre combinaison pour copier un texte dans un terminal³. Sur un Mac, c’est plus logique : Cmd+C veut dire copier, Ctrl+C veut dire interrompre, et le terminal reste cohérent avec le reste du monde.

Du coup, quand je déplace les raccourcis des applications à Alt sur mon PC, je me retrouve à devoir taper Alt+C pour interrompre le Ping, au lieu de Ctrl+C sur le Mac. En fait, il serait bon que les Linux soient capables de distinguer les commandes des contrôles — ce qui permettrait d’attribuer les raccourcis claviers d’applications à la touche qu’on veut, Ctrl si on vient d’un Windows, Cmd si on vient d’un Mac, tout en laissant toujours les caractères de contrôle sur Ctrl.

Enfin, il y a un truc que je trouve épouvantablement agaçant sur le clavier des Mac : à part l’euro, les caractères obtenus avec la touche Alt ne sont pas indiqués sur le clavier. Si on s’habitue vite à certains (accolades et crochets, tirets, æ, œ…), retenir les caractères plus rares est plus délicat. Quand vous utilisez un terminal, vous tapez souvent un |, par exemple, mais il n’est pas indiqué sur le clavier et jusqu’à ce que vous le reteniez, vous devrez passer par l’afficheur de clavier pour le chercher.

On me dira sans doute qu’avoir quatre caractères sur chaque touche ne serait guère joli ; mais à ce moment-là, autant virer toutes les lettres, ça sera encore plus propre…

La suite un autre jour.

¹ Nom de la touche Windows sous Cinnamon.

² D’ailleurs, le MIT avait fait pareil avec la touche Meta.

³ Généralement Maj+Insert ou Ctrl+Maj+C, selon les terminaux.

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