Apprivoiser un Mac : lancer des applications

Dans mon nou­veau bou­lot, on m’a vite fait com­prendre que j’avais le choix : Mac OS X ou Win­dows. Cela fait donc deux mois que je suis sous Moun­tain Lion au bureau, et je suis bien enten­du tou­jours sous Mint Cin­na­mon chez moi (je viens même de pas­ser à Nadia en chan­geant d’ordinateur). Après avoir trai­té le cla­vier, la sou­ris, et le pla­ce­ment des fenêtres, conti­nuons dans l’interface logi­cielle avec l’art de lan­cer une appli­ca­tion.

Mac OS X a adop­té une grosse nou­veau­té par rap­port à Mac OS 9 : le dock. Cette zone, par défaut en bas de l’écran, regroupe les appli­ca­tions en cours, les lan­ceurs vers les plus uti­li­sées et des rac­cour­cis divers (cor­beille, cer­tains dos­siers…). Il fait donc à la fois lan­ceur et ges­tion­naire de fenêtres. Ça n’avait rien de neuf : le concept date des années 80 et Mac OS X l’avait chou­ra­vé à un pro­jet de Steve Jobs dans son ère non-Apple, NeXTS­TEP (per­so, j’ai pas mal uti­li­sé ce truc dans mon époque Win­dow Maker, avant que Gnome et KDE deviennent mes bureaux habi­tuels, et je conti­nue à inté­grer un dock à ma barre des tâches sous Cin­na­mon).

Le truc, c’est que contrai­re­ment à la barre de Win­dows 7, le dock de Mac OS X n’intègre pas de sys­tème de lan­ce­ment des appli­ca­tions plus rare­ment uti­li­sées. Et on ne trou­ve­ra pas plus un “menu démar­rer” en cli­quant sur le bureau comme sous Win­dow Maker.

Les logi­ciels s’installent en fait géné­ra­le­ment dans un dos­sier spé­cial, bap­ti­sé “Appli­ca­tions”. Celui-ci a la par­ti­cu­la­ri­té d’être un immense fourre-tout, vague­ment orga­ni­sé par ordre alpha­bé­tique mais même pas for­cé­ment. Pour avoir un peu obser­vé mes col­lègues, je constate que lan­cer le ges­tion­naire de fichiers (“Fin­der” sous OS X) et fouiller dans le dos­sier Appli­ca­tions est le réflexe de base d’un maqueux qui cherche un pro­gramme.

C’est, je pense, une abso­lue catas­trophe. Même le Pro­gram Mana­ger de Win­dows 3 savait orga­ni­ser les logi­ciels en groupes thé­ma­tiques. Devoir far­fouiller dans un dos­sier unique est une aber­ra­tion ergo­no­mique qui n’a rien à foutre sur des machines où peuvent être ins­tal­lées plu­sieurs dizaines d’applications — ce qui n’a rien de rare sur des PC en 2013.

Sous Moun­tain Lion, Apple a enfin fait un timide pas vers un lan­ceur plus effi­cace : la touche F4 per­met d’afficher un écran de lan­ce­ment à la iOS / Android. C’est tou­jours en vrac, mais en tapant quelques lettres, seules les appli­ca­tions dont le nom cor­res­pond sont pro­po­sées : si vous savez ce que vous cher­chez, ça fait gagner beau­coup de temps.

Ghusse, qui mange des pommes depuis les années 90, m’a orien­té vers Alfred, un pro­gramme un peu plus évo­lué qui fait à la fois lan­ceur d’applications, outil de recherche, ges­tion­naire de presse-papiers etc. C’est bien, mais ça ne per­met encore pas de voir quelles appli­ca­tions sont ins­tal­lées dans une caté­go­rie par­ti­cu­lière — pour répondre par exemple à “quels sont les navi­ga­teurs web dis­po­nibles ?”.

Vous aurez remar­qué qu’après Bet­ter­Touch­Tool, ça fait deux fois qu’on ins­talle des pro­grammes pour pal­lier des manques de base de l’interface de Mac OS X. Vous me direz, je fais pareil quand j’installe Win­dows list with App grou­ping sous Cin­na­mon ; mais il y a une dif­fé­rence fon­da­men­tale, c’est que sous Cin­na­mon, je l’ai trou­vée en orga­ni­sant les applets, par le lien “Obte­nir de nou­velles applets”. Je n’ai pas dû fouiller le web au petit bon­heur la chance ou miser sur le bouche-à-oreille des mes cama­rades pra­ti­quant le X depuis plus long­temps que moi¹.

Ce ne sont pour­tant pas les bonnes idées pour lan­cer des appli­ca­tions qui manquent : les menus évo­lués sont légion (SuSE en avait déve­lop­pé un sym­pa pour KDE, ceux de XP puis 7 ont appor­té des nou­veau­tés inté­res­santes, celui de Cin­na­mon est plus basique mais pro­pose de recher­cher un nom), les pan­neaux de lan­ce­ment aus­si (Uni­ty par exemple), et je ne com­prends pas qu’une inter­face aus­si ins­tal­lée que celle de Mac OS X ne pro­pose rien de plus évo­lué qu’un dos­sier-souk où vous pour­rez tout trou­ver, à condi­tion de vous perdre assez long­temps.

¹ Déso­lé, fal­lait bien que je la fasse à un moment où à un autre. ^^

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