Merci Salkantay

Il y a un an et demi, mes petits camarades m’avaient incité à courir à Boulogne, et j’avais eu mal. Nous avons remis ça cette année, et c’était moins pire mais j’avais eu mal quand même.

Or doncques, mes crises de masochisme étant de plus en plus rapprochées, il aura suffi de quelques mois pour me relancer sur l’idée de faire un 10 km. Cependant, ne connaissant pas avec exactitude mon emploi du temps de début octobre, j’avais un peu laissé traîner mon inscription pour les 10 km de Paris, courus ce matin, et quand j’ai voulu m’inscrire, c’était plein. J’aurais pu zapper, mais une ancienne collègue avait entendu mon appel et s’était inscrite, elle ; ne souhaitant pas la laisser seule, je me suis pointé au départ, d’où je me suis fait refouler par un mec qui contrôlait les entrées latérales du sas.

Heureusement, ce genre de course, si on veut la faire, y’a toujours moyen de passer tout au fond, à l’arrière du sas, pour se glisser parmi les coureurs. L’inconvénient de cette solution, outre que ça veut dire courir séparément de ma collègue, c’est qu’on se retrouve noyé dans les gens entassés : les premières minutes tiennent autant du slalom que de la course à pieds, avec déplacements brusques à gauche ou à droite pour éviter des gens et accélérations ou freinages au gré de la foule.

L’objectif, c’était de faire 5 km en moins d’une demi-heure, puisque c’était ce que j’avais fait au printemps, et surtout d’être plus régulier et de courir le plus longuement possible — parce que non, courir dix bornes d’une traite, c’est pas envisageable. En gros, une heure au 10 km avec cinq-six cents mètres de marche dans la seconde moitié, j’aurais été content.

Je crois avoir bien rempli les objectifs. Côté régularité, d’abord : kilomètre par kilomètre, j’ai fait 5’51, 5’44, 5’37, 5’49, 5’58, 5’53, 6’26, 5’50, puis 5’35 et 5’25 pour finir. Le seul ralentissement notable est donc entre le sixième et le septième points kilométriques. Il y avait là un ravitaillement où j’ai pris une dizaine de secondes pour boire un verre et manger deux pruneaux, mais je sais pas d’où vient la vingtaine d’autres secondes excessives : sur place, je pensais même qu’ils avaient décalé le panneau 7 km pour inciter les coureurs qui surveillent le chrono à allonger un peu le pas. J’ai donc fait ce kilomètre lentement… mais toujours plus vite que si j’avais marché ne serait-ce que deux cents mètres.

Donc, le truc hallucinant, c’est qu’à part mes deux pruneaux, ben si, j’ai bien couru dix bornes d’une traite. En fait, j’ai compris ce que disait un confrère : « si tu peux courir cinq km, tu peux en courir dix ». Autant mon état général (fatigue, respiration etc.) chute beaucoup entre 3 et 5 km (ça passe de « à l’aise » à « putain c’est long »), autant ensuite il reste relativement stable et faire 10 km n’est pas beaucoup plus difficile qu’en faire 5 — la dernière fois, j’avais passé le cinquième kilomètres dans l’état « raaaah je meurs », donc ça compte pas. Le chrono est évidemment sensible à cette régularité : avec 58’15, j’ai gagné quatre minutes par rapport à mon temps précédent. Tout ça, sans doute, parce que cet été, j’ai fait 90 bornes à pieds en cinq jours et en montagne : depuis que je suis rentré, mon souffle n’a rien à voir avec ce qu’il était en juin et je peux courir plus longtemps en alimentant correctement mes jambes en oxygène. Donc, merci Salkantay.