Joyeux anniversaire

Comme ses aînés, il devait aimer les uni­vers colo­rés sub­tils et déli­cats, mais il disait aus­si qu’il serait beau­coup plus à l’aise dans les ruelles sombres et beau­coup plus atten­tif aux petits détails de la vie. Évi­dem­ment, il pro­met­tait beau­coup, mais ses éven­tuels futurs amis se deman­daient tout de même s’il n’é­tait pas un peu pré­ten­tieux — en tout cas, il comp­tait faire payer très, très cher le pri­vi­lège de sa com­pa­gnie. Et sur­tout, les pre­miers baby-sit­ters ont été una­nimes : oui c’est mignon un gamin qui te détaille le moindre gra­villon quand ses cama­rades de crèche disent juste “y’a des cailloux là”, mais putain qu’il se traîne ! Qu’est-ce qu’il fait perdre comme temps ! Et non, il n’é­tait pas pos­sible de le faire pas­ser à la fleur sui­vante avant qu’il ait fini d’ob­ser­ver celle qu’on lui avait lais­sée à por­tée de main. Pen­dant ce temps, les autres enfants cou­raient d’un bout à l’autre de la cour de récré en étu­diant avec aisance et agi­li­té les ani­maux sau­vages ou les voi­tures de course. Et même ren­tré à la mai­son, le bébé conti­nuait à faire preuve d’une len­teur extrême : certes, à la sor­tie du bain, il était plus propre que tous ses cama­rades, mais il y res­tait un temps fou. Il a donc souf­fert d’un suc­cès très modeste, mais quelques parents accom­mo­dants (et patients, ou eux-mêmes lym­pha­tiques ?) ont su appré­cier son carac­tère méti­cu­leux et en parlent encore avec tendresse.

Sigma SD1 nu vu de face
7000 € pour un reflex APS‑C, mais un cap­teur de 15 Mpx plus pré­cis et un ren­du des cou­leurs plus fin que les cap­teurs 24 Mpx de Sony : telle était l’offre de Sig­ma il y a quinze ans. Et le temps de déve­lop­per une image dans le logi­ciel dédié, c’é­tait il y a qua­torze ans. — pho­to Sigma

Joyeux anni­ver­saire, Sig­ma SD1