De l’usage du voussoiement chez le hérisson

Bon, hier, je me suis sévè­re­ment engueu­lé avec le web­mestre d’un site où j’ai mes habi­tudes.

Je ne vais pas reve­nir sur les rai­sons de cette engueu­lade, ce n’est pas le lieu.

En revanche, j’ai vu res­sur­gir une habi­tude bizarre que j’ai par­fois : quand je m’engueule, même avec des amis, je vous­soie.

J’avais sou­vent noté avec amu­se­ment que c’était une manière rapide et sans bavure de remettre mes élèves indis­ci­pli­nés dans un contexte hié­rar­chique ; mais en fait, c’est beau­coup plus géné­ral. Je vous­soie, en fait, tous les gens avec qui j’ai des mots — et ça ne dure géné­ra­le­ment que le temps de l’engueulade.

Quel en est le but ? Je l’ignore. C’est bizarre, cette réac­tion, non ?

Il y a plein de gens qui, après une longue ten­sion avec un col­lègue qu’ils vous­soient d’ordinaire, finissent par le tutoyer lors de l’apostrophe finale (“Et ben, va chier, connard !” ou un truc du genre), et cela n’étonne per­sonne.

Mais chez moi, qui tutoie à peu près n’importe qui, il semble que ce soit le “vous” qui rem­plisse le rôle de dis­tan­cia­teur fami­lier et vague­ment mépri­sant.

Si quelqu’un veut me faire une psy­cha­na­lyse expresse de cet usage peu ordi­naire du vous­soie­ment, qu’il ne se gêne pas.

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