Paris, semaine 5

Vendredi-samedi-dimanche, boulot. Réussi à boucler mes pages, j’ai pu reprendre une activité plus normale (actus LesNums) le lundi. Lundi après-midi, je passe au bureau, oups, Renaud est parti à une conférence de presse. Du coup, je continue les actus avec une qui tombe à point : Associated Press veut limiter la reprise du contenu (articles et dépêches) qu’elle a créé… en attaquant un blog qui parle d’actualité en citant régulièrement l’accroche de dépêches. Pour AP, la simple reprise du « lede » (les premiers mots d’un article ou d’une dépêche, chargés d’accrocher le lecteur) pour renvoyer vers son site est déjà une violation du droit d’auteur.

L’administrateur du blog en question estime, lui, rester dans le cadre du « fair use » : une brève citation renvoyant au texte original est une utilisation loyale. Toute la question est de savoir si AP ira au bout de sa logique judiciaire et si, le cas échéant, elle gagnera son procès, mais une chose est sûre : elle a d’ores et déjà perdu la bataille d’internet. Entre les sites qui plombent sa politique et ceux qui ont ouvertement déclaré qu’ils allaient désormais boycotter les dépêches AP, l’agence s’en est pris plein la face en quelques heures.

Je n’en rajouterai donc pas excessivement ici sinon pour dire que, à titre personnel, je considère qu’elle est complètement passée à côté de ce qui est l’essence d’Internet : le lien. Autant je suis le premier à trouver scandaleux de pomper systématiquement le contenu d’un site ou même d’un article, autant récupérer quelques lignes en liant à l’original me paraît plus une pratique positive qu’une atteinte au droit d’auteur : l’article sera sans doute plus lu par des gens attirés par la citation et le lien associé qu’ignoré par des gens qui l’auraient lu, mais se sont finalement contentés du lede trouvé ailleurs.

Mardi, je retourne au boulot — il faut vraiment que je voie Renaud, il a un DA 50-135 mm que je dois tester dans les jours qui viennent. Coup de bol : vers 10 h, il appelle pour dire qu’il sera pas là, il garde sa femme malade. En fin de journée, je me venge violemment en laissant là sac photo et sacoche du portable et je me barre avec un sac Crumpler qu’on a en tests (Focus-Numérique prépare un mini-comparatif de sacs photo, vu qu’on s’est rendu compte que pas mal de gens en achetaient finalement un au hasard, un peu comme moi qui ai profité d’acheter un objectif sur Cdiscount pour récupérer un sac à moitié prix). Bon, maintenant que j’ai goûté au sac ousque tu peux mettre un ordinateur dedans, plus ton matos photo, plus un peu de bordel divers, il est plausible que je m’en offre un, mais j’attendrai quand même d’avoir vu les autres — un National Geographic est arrivé ce week-middle, d’autres sont attendus — pour me décider. A priori, sur photos, le National Geographic me tente pour sa multitude de poches, mais on espère choper en tests un Lowepro qui, avec son ouverture latérale, pourrait bien être séduisant.

Bref, c’est encore un peu flou, mais ça devrait se décanter assez vite quand je les aurai tous manipulés. ^_^

Hier, vous avez sans doute remarqué que j’ai eu la mauvaise idée d’aller au cinéma. Je disais à propos de Iron man que l’avantage de la carte UGC, c’était de limiter les remords d’être allé voir un navet (« au moins, t’as pas claqué 5 sacs pour cette merde »), mais avec Speed Racer, on va plus loin : les deux heures passées à se faire prendre pour un attardé mental de deux ans d’âge par les frangins Wachowski, sur qui j’avais pourtant un a priori favorable (Matrix, pas mal, V pour Vendetta, j’ai adoré), m’ont mis les nerfs même sans les 7,50 €. Le simple fait d’être resté une heure et demie là, à attendre je ne sais quelle pirouette qui aurait rendu l’ensemble un peu moins immonde, est dur à avaler.

Aujourd’hui, rebelote avec Eldorado, sous-daube belge qui se prend pour un road-movie hilarant et émouvant mais n’est qu’un interminable enchaînement de scènes trop longues parfois coupées d’une musique dégueulasse.

Du coup, Les insoumis, polar sauce western tout à fait honnête, est accueilli comme le messie : au moins, à la sortie de celui-là, je n’en voulais à personne. Chacun y fait son boulot et l’y fait bien, même si je regrette un peu que tout le monde se soit contenté de ça : il devait y avoir matière à faire un vrai grand film quelque part. (Et puis, tourner deux heures à côté de l’étang de Berre sans filmer un seul Pélican, c’est une honte, na, c’est dit.)

Sinon, je suis passé un peu dans le centre de la ville. Notamment, j’ai contourné le centre Pompidou-Beaubourg, plus connu sous le surnom de « raffinerie ». J’avais trouvé ça absolument hideux la dernière fois où j’y étais allé — je devais avoir 11 ou 12 ans –, mais ça m’a pas fait cet effet-là cette fois. Sans le trouver beau, quand même, il me fait un peu l’effet du premier Fiat Multipla ou du Nikon F : quand on le voit, il paraît évident que l’esthétique est totalement dépourvue d’importance et qu’on a cherché à faire efficace avant tout. Finalement, après la pyramide Mitterrand au Louvre, ça fait la deuxième « œuvre » de président que je trouve moins choquante : je dois commencer à vieillir.

Rassurez-vous : la bibliothèque de Mitterrand deuxième mandat, que je n’avais jamais vue achevée, me paraît tout de même un tantinet prétentieuse et n’est surtout pas super pratique : c’est une place énorme que l’on ne peut traverser qu’en contournant différents obstacles (trou, murs) et qui, donc, rallonge d’une bonne minute le trajet de l’arrêt Quai de la Gare (ligne 6) au MK2 Bibliothèque. Quand le distributeur du cinoche refuse de vous filer un billet précisément à cause de cette minute de retard, je peux vous dire que vous bénissez copieusement le père Perrault…