Paris, semaine 6

Der­nière semaine de la pre­mière période pari­sienne : demain, direc­tion la Drôme, puis le reste de la France (Terres du Diois, des gens dans le Jura, un mariage dans la Loire, et pis peut-être d’autres trucs pas encore vrai­ment pré­vus).

Semaine pla­cée pro­fes­sion­nel­le­ment sous le signe du sac à dos. L’idéal : un seul sac pour por­ter le matos pho­to, l’ordinateur et deux-trois petits bor­dels variés. À paraître sur Focus… quand il paraî­tra : Renaud aus­si va pas tar­der à prendre quelques vacances, et cer­tains fabricants/distributeurs peinent à répondre.

Côté cinoche, après l’avant-première de Au bout de la nuit déjà appré­ciée par ailleurs, j’ai décou­vert Valse avec Bachir, auto­bio­gra­phie d’animation d’Ari Fol­man. Annon­cé comme un petit chef-d’œuvre (les cri­tiques presse les plus méchantes en sont à regret­ter qu’il n’ait pas été pri­mé à Cannes, c’est vous dire le ton des plus posi­tives), ce film per­met au réa­li­sa­teur de reve­nir sur son pas­sé de sol­dat de Tsa­hal pen­dant la guerre du Liban, en 1982. C’est sur­tout une sorte de psy­cha­na­lyse (et reven­di­qué comme tel), non seule­ment de l’auteur, mais éga­le­ment d’un pays qui n’est peut-être pas si à l’aise avec son his­toire : la ques­tion de la res­pon­sa­bi­li­té de Tsa­hal et du gou­ver­ne­ment israë­lien dans les mas­sacres de Sabra et Cha­ti­la explose pour deve­nir l’interrogation cen­trale sur laquelle repose le film.

La bonne idée, c’est le des­sin réa­liste choi­si, qui détonne et même choque à pre­mière vue mais est par­fai­te­ment adap­té au pro­pos.

Le pro­blème, ce sont les quelques len­teurs ici et là et, com­ment dire, le manque de pro­fon­deur du film, qui laisse le spec­ta­teur dans la même indé­ci­sion déran­geante et dans la même culpa­bi­li­té lar­vée que les per­son­nages. C’est peut-être sa plus grande réus­site, mais cela reste aus­si une fai­blesse.

Ce midi, c’était beau­coup plus léger avec le nanar annon­cé de mes­sieurs Judor et Bedia. Seuls two, jeu de mots minable qui donne bien le ton du film, est d’une cer­taine manière dépour­vu de sur­prise : on attend un film à gags un peu lourd, on est ser­vi. La crainte de ce genre de nanard est que la bande-annonce contienne tous les moments amu­sants ; mais là, il aurait fal­lu une bande-annonce d’une heure. Car les idées lou­foques n’ont pas man­qué, en par­tant sur un pos­tu­lat assez débile (un voleur et un flic, enne­mis jurés, deviennent les deux seuls être humains d’un Paris mys­té­rieu­se­ment dépeu­plé), et les lou­fo­que­ries des deux com­pères fusent à toute vitesse. C’est donc excellent pour se vider le cer­veau et évi­ter tout risque de cla­quage de neu­rones, par­fait pour se détendre, même si les vrais ciné­philes n’admettront jamais avoir été voir un truc pareil — et, pire encore,  avoir aimé ça, car il est un fait qu’on passe vrai­ment un bon moment.

Sinon, dans mon explo­ra­tion de la région pari­sienne, j’ai fait un petit tour du côté de Pan­tin. Pre­mière réflexion : j’avais jamais remar­qué comme ça fait une sacrée dif­fé­rence, un immeuble de quatre étages ou de sept. Ça pour­rait bien être le seuil psy­cho­lo­gique pour que la rue paraisse pas com­plè­te­ment fer­mée.

Deuxième réflexion : argh, enfin des bou­lan­ge­ries avec des prix nor­maux ! Res­tau avec for­mule expresse à 9 €, Paris-Brest à 1,80 (c’est pas un tarif SNCF, hélas), ça fait moins mal que les res­taus à 15 € mini qu’on trouve à Paname. Et ceci, sim­ple­ment en pas­sant du XIXè à Pan­tin, soit faci­le­ment cin­quante mètres pour tra­ver­ser le périph. Curieu­se­ment, j’avais pas du tout remar­qué ce phé­no­mène en pro­me­nant à Cré­teil, qui m’avait paru aus­si igno­ble­ment chère que la capi­tale.

Main­te­nant, plus qu’à plier les gaules. Demain à 9 h 30, on s’entasse dans une 106, et nor­ma­le­ment à 18 h la trans­hu­mance est finie vers un endroit où la tem­pé­ra­ture tombe à moins de 25 °C la nuit — du moins, j’espère que ce phé­no­mène consta­té ici depuis quelques nuits n’est pas encore géné­ra­li­sé.

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