Paris, semaine 8

Cette semaine, l’essentiel du bou­lot a consis­té à cher­cher quelque chose à dire. C’est la dèche : tout le monde est en vacances, on a même pas un pauvre petit com­mu­ni­qué de presse sur des impri­mantes pho­to Xerox à se mettre sous la dent. J’appréhende les deux jours qui viennent : je crois que je serai le seul réveillé de la sphère jour­na­lis­ti­co-tech­no­lo­gique fran­çaise.

Sinon, après l’excellent Wall.E déjà applau­di ici même, j’ai été voir X Files : Régé­né­ra­tion, qui mérite plu­sieurs palmes inté­res­santes.

Pour com­men­cer, celle du titre fran­çais le plus con. Régé­né­ra­tion de quoi ? Mys­tère… Et pour­tant, j’ai vu le film. Le titre ori­gi­nal, I want to believe, est beau­coup plus expli­cite à la fois parce que cette phrase revient tout au long du film et parce que c’était, avec “la véri­té est ailleurs”, le slo­gan phare de la série.

Ensuite, celle de l’adaptation à chier par excel­lence. Aux fron­tières du réel était une série plus ou moins fan­tas­tique ; ici, c’est de la science-fic­tion si l’on veut, un thril­ler sans doute, mais le côté fan­tas­tique est limi­té aux “visions” du curé pédo­phile (appré­ciez l’originalité) dont on ne sait tou­jours pas, même à la fin, dire s’il n’avait pas un petit lien avec les ravis­seurs…

Enfin, celle de l’étirage de scé­na­rio. En gros, il n’y en a pas plus que dans un épi­sode de Aux fron­tières du réel, qui durait cin­quante-deux minutes, sauf qu’ici le film fait 1 h 44. Du coup, c’est lar­ge­ment plus de deux fois plus long qu’un épi­sode de la série, en tout cas en temps sub­jec­tif…

Hier après-midi, je suis retour­né au jar­din des plantes. Ou, plus exac­te­ment, je suis tom­bé des­sus en déam­bu­lant dans le cin­quième et j’ai pro­fi­té de l’occasion pour y faire un tour.

J’y ai trou­vé cette info inté­res­sante, sur la tombe de Louis Dau­ben­ton : le XIXè siècle a com­men­cé le pre­mier jan­vier 1800. Ça va faire plai­sir à tous les spé­cia­listes des calen­driers, qui répètent depuis fort long­temps que le pre­mier siècle a com­men­cé à l’an 1 et que, par consé­quent, l’année 1800 fai­sait par­tie du XVIIIè…

J’ai ensuite traî­né du côté de la grande gale­rie de l’évolution. L’exposition tem­po­raire du moment parle de céta­cés. L’entrée est pas mal avec une série de sque­lettes accro­chés au pla­fond, allant de la baleine franche à quelques dau­phins nains en pas­sant par l’orque. Le tour est assez inté­res­sant, mais rela­ti­ve­ment mal fichu au niveau navi­ga­tion : quand vous voyez un pan­neau “suite de la visite”, il faut bien vous assu­rer que vous avez vu tout ce que vous pou­viez atteindre sans pas­ser par là — dans ma logique, “suite de la visite”, c’est la salle où je vais juste après celle où je suis.

La grande gale­rie est assez impres­sion­nante, notam­ment par le bâti­ment qu’elle, mais j’ai eu la très dépri­mante impres­sion de ne pas apprendre grand-chose. Tout au plus ai-je pu au pas­sage noter ça :

J’ai hési­té entre m’étrangler et explo­ser de rire, et fina­le­ment je me suis conten­té de faire une pho­to. C’est trop beau, une conne­rie pareille. Certes, les bre­bis de races pré­alpes et méri­nos n’ont plus de cornes — encore qu’il m’est arri­vé de voir une méri­nos “banarde”. Mais chez d’autres races, elles en ont encore sys­té­ma­ti­que­ment.

Du coup, je com­prends mieux pour­quoi j’ai dû expli­quer pen­dant un quart d’heure que mon père était ber­ger et que donc j’avais une vague idée de ce que je racon­tais quand je disais que non, ces “moutons”-là étaient des femelles même si elles avaient des cornes, puisqu’elles n’avaient pas de couilles, qu’un agneau les sui­vait et qu’elles avaient des mamelles.

(Au pas­sage, je mets “mou­ton” entre guille­mets parce que pour les puristes, un mou­ton est exclu­si­ve­ment un ovis aries mâle cas­tré. Le terme dési­gnait tous les ovins domes­tiques à l’époque où les trou­peaux étaient essen­tiel­le­ment des­ti­nés à la nour­ri­ture et où, donc, les mou­tons domi­naient, mais l’alimentation s’étant dépla­cée vers l’agneau, viande plus tendre et plus fine, les trou­peaux sont sur­tout consti­tués de bre­bis, qui donnent autant de laine, beau­coup plus de lait et dont on peut man­ger les agneaux. Le pro­chain qui me dit “mou­ton” en dési­gnant autre chose qu’un mou­ton, je l’assomme. En revanche, si vous me dites “bre­bis” en dési­gnant un mou­ton — il en reste quelques-uns dans la plu­part des trou­peaux, on les appré­cie pour leur carac­tère pla­cide et fami­lier et ils font de bons points de repère –, je le repren­drai gen­ti­ment. Mais oui je vais fer­mer cette paren­thèse, voi­là : )

Et en prime, un mou­ton pré­alpes du trou­peau que mon père gar­dait au-des­sus d’Aubenas n’avait pas de cornes, sans qu’elles aient été cou­pés.

Bref, j’y retour­ne­rai volon­tiers avec des gosses, comme la plu­part des visi­teurs d’ailleurs, mais là, je suis pas super enthou­siaste.

En revanche, j’ai bien aimé la carte géo­lo­gique de France, au 1:50 000, située devant le bâti­ment avec, en sur­im­pres­sion, une carte rou­tière. Ça per­met à la fois de se repé­rer et de voir quel sol on a sous les pieds, j’aime bien.

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