Paris, semaine 10

Mer­cre­di, j’ai visi­té un petit stu­dio pas mal du tout, dans un coin par­ti­cu­liè­re­ment silen­cieux (l’arrière-cour d’un immeuble, en fait) qui fait presque pen­ser à un vil­lage. Ça appar­tient à un col­lègue de tra­vail (appa­rem­ment, c’est la seule façon de se loger à Paris), et j’espère vrai­ment que je pour­rai l’avoir — il y a quand même une agence à convaincre entre lui et moi. À suivre.

Côté cinoche, je me suis pas conten­té de me heur­ter à des col­lègues de la télé­vi­sion à la sor­tie du Che­va­lier noir.

J’ai donc vu Le pre­mier jour du reste de ma vie, film assez sédui­sant, plu­tôt fin, très bien joué mais qui curieu­se­ment me laisse l’impression que je détes­te­rais le revoir — phé­no­mène sans doute issu du Fabu­leux des­tin d’Amélie Pou­lain, que j’avais ado­ré à pre­mière vue pour des qua­li­tés que je retrouve plus ou moins dans ce Pre­mier jour du reste de ma vie, et que j’ai abso­lu­ment détes­té lorsque je l’ai revu.

Par contre, il faut vrai­ment que les réa­li­sa­teurs fran­çais se calment sur les titres de films. On dirait qu’ils font une course avec les scé­na­ristes des gui­gnols, sans com­prendre que plus ils gagnent cette course, plus ils sont ridi­cules.

Troi­sième film de la semaine, Les dents de la nuit. Okay, je sais ce que vous allez dire : “On te voyait pas voir Le che­va­lier noir, mais là, fran­che­ment tu nous inquiètes”. Ben oui, mais voi­là, j’étais à la Défense (j’y revien­drai plus tard dans ce billet), je cre­vais de chaud, le cinoche était cli­ma­ti­sé… Et vu le prix que ça coûte avec les abon­ne­ments illi­mi­tés, c’est un motif suf­fi­sant pour y aller.

Les dents de la nuit, donc. Bon. En résu­mé : des squat­teurs de récep­tions trouvent le moyen d’entrer à la nuit Médi­cis, la Mecque des squat­teurs de récep­tions. Sur place, il s’avère que leurs hôtes sont des vam­pires qui ont invi­té quelques humains à man­ger. Vous voyez la finesse du sujet ? Moi non plus, et je soup­çonne que c’est pré­ci­sé­ment parce qu’il n’y en a pas. Alors, quelques gags trouvent bien le moyen de mar­cher, quelques dia­logues fonc­tionnent, mais glo­ba­le­ment, il faut bien admettre que ça tourne sou­vent à vide. On se marre donc bel et bien, mais trop ponc­tuel­le­ment, alors que le film était cen­sé être vrai­ment drôle. Sans être tota­le­ment archi-nul, c’est tout de même plu­tôt déce­vant.

Ah oui, donc, j’étais à la Défense. Fal­lait bien que j’aille voir un jour jusqu’où allait la ligne 1. Alors, ben…

Les immeubles, c’est grand. Pis moche. Il y a une pho­to très buco­lique, en haut de la grande arche, qui date du début du ving­tième siècle et qui montre le car­re­four de la Défense à l’époque, et fran­che­ment, j’ai du mal à trou­ver qu’on y a amé­lio­ré quelque chose… Au contraire…

En haut éga­le­ment, on trouve un “musée de l’informatique”. Gra­tuit pour ceux qui seront mon­tés jusque là (le ticket coûte tout de même dix euros).

Musée de l'informatique

On y trouve par exemple cette magni­fique “chambre d’étudiant” cen­sée repré­sen­ter les condi­tions d’épanouissement d’un “geek” de l’époque, qui ne man­que­ra pas de faire sou­rire par l’accumulation lour­dingue de cli­chés qu’elle contient.

Un peu plus loin (je vous épargne la pho­to du pan­neau, trans­pa­rent et donc dif­fi­ci­le­ment lisible), on apprend que “Aujourd’hui le métier de pro­gram­meur reste pres­ti­gieux”. Bizarre, quand j’étais à la fac, les simples pro­gram­meurs étaient qua­li­fiés de “pis­seurs de code”, par oppo­si­tion aux ingé­nieurs qui, eux, font des choses bien.

On peut aus­si voir, juste à côté du musée, un artiste qui a trou­vé le truc pour faire for­tune.

Il vous fait votre por­trait, comme dans les exemples affi­chés, pour 60 euros le tirage A4. Si vous pré­fé­rez le faire vous-même, ça doit prendre à peu près 20 minutes sous n’importe quel édi­teur d’image : pho­to, sola­ri­sa­tion, inver­sion des cou­leurs et le tour est joué. Je suis jaloux de pas y avoir pen­sé avant lui.

Un autre dont je suis jaloux, c’est Richard Bran­son. Je suis pas­sé aujourd’hui (entre autres) au Vir­gin des Champs-Ély­sées, et j’ai com­pris com­ment on devient mil­liar­daire : on vend des sand­wiches à 7,95 € dans un bar hup­pé, au troi­sième étage d’un centre com­mer­cial, et on fait payer les toi­lettes. Sym­pa non ?