Tor et Pandora

Ça m’a un peu pris le chou à un moment donné, mais ça y est : Tor marche. C’est son interface graphique Vidalia qui m’a énervé, parce que curieusement elle n’était pas sur les dépôts Suse, que la compilation buggait à cause de librairies qu’elle trouvait pas (mauvaise version de Suse apparemment), mais bref, ça y est, merci Ghusse, j’écoute Pandora.

Ben c’est vraiment pas mal. Ça marche infiniment mieux que la radio intelligente de Deezer ou le truc qui apprend de LastFM. Par exemple, si je lui demande du Cat Stevens, il ne va pas me foutre en vrac tout ce qu’il a en pop-folk ; non, les morceaux sélectionnés sont bien de la même tonalité, y compris des trucs qui passent bien mais que personne ne mettrait en folk. L’autre truc marrant, c’est que les Beatles ressortent dans tous les coins : Pandora me passe du Let it be sur la « radio » Simon&Garfunkel, du You’ve got to hide your love away sur Cat Stevens, du Revolution sur Queen… Il a pas encore trouvé le moyen de me faire un duo McCartney/Russell, mais je sens que ça va venir !

Au passage, je découvre plein de trucs sur ma propre connaissance musicale. Par exemple, la radio Simon&Garfunkel ne me passe quasiment que des trucs que je connais de près ou de loin : the Beatles, Cat Stevens, Neil Young, Crosby, Stills&Nash… En revanche, la radio Calvin Russell me sort presque que des trucs inconnus, parfois vachement bons, mais ne m’a pas encore (une petite semaine que je joue avec) proposé un type comme Bruce Springsteen, que j’aurais a priori plus ou moins associé à Calvin, et ne m’a passé qu’un Dire Straits.

Je m’aperçois aussi que quasiment tout ce que j’aime a en commun une « major key tonality » et une « subtle use of vocal harmony ». Je suis pas zicos donc je comprends qu’à moitié ce que ça veut dire, mais je trouve ça marrant de retrouver ces caractéristiques communes sur des trucs que j’aurais pas mis dans le même panier — Freddy Mercury et Leonard Cohen côte à côte, ça a un effet amusant, je trouve.

Enfin, je sais pas exactement comment est foutu l’algorithme, mais il se démerde beaucoup mieux que les autres pour affiner le choix. J’ai fait une expérience casse-gueule : j’ai créé une radio à partir de Anyone else but you, des Moldy peaches, morceau que j’aime beaucoup mais qui correspond à un style qui me gave assez vite — d’ailleurs, j’ai essayé une fois de tenir tout un album des Moldy peaches, j’ai vite abandonné. Et ben au bout de deux ou trois « j’aime pas » — et des deux ou trois « oups, désolé, on va essayer autre chose » associés –, Pandora s’est calé sur des morceaux dont je suis pas toujours fan, mais qui passent sans déplaisir. Alors que Deezer est devenu fou et n’a jamais voulu comprendre pourquoi Balavoine et Brel finissaient régulièrement en « j’aime » alors que Sardou finit très souvent en « j’aime pas » — j’ai à peu près arrêté la smartradio Deezer parce qu’elle s’obstine à me passer du Sardou, ça me traumatise.

Bref, Pandora, c’est de la balle, et en plus on peut se créer autant de radios qu’on veut avec chacune sa tonalité, c’est super pour les gens comme moi qui n’écoutent pas les mêmes choses d’une humeur à l’autre.

Accessoirement, autre utilité de Tor : changer d’IP autant qu’on veut. Pour contourner la limitation à 72 minutes d’un certain site de vidéos, c’est super — évidemment, j’ai trouvé ça moins génial quand ça m’a jeté après 20 minutes, j’imagine que Tor sortait par un type qui avait déjà utilisé le même site ce jour-là…

  • Héhé… Ça c’est sûr, Pandora est beaucoup mieux pensé pour te faire écouter des musiques qui ressemblent à celles que tu aimes. Tout en te faisant découvrir des trucs.
    Pour se rendre compte du travail d’analyse qui est fait derrière, je te conseille leur excellent podcast Musicology show qui nous explique bien des choses sur la musique (à nous, béotiens).

    Voir par exemple l’épisode sur Major&Minor qui peut éclairer ta lanterne sur tes goûts musicaux.