Charonne, semaine 19

Ima­gi­nez : le ven­dre­di, un repré­sen­tant d’un construc­teur d’appareils pho­to vient vous pré­sen­ter ses 82 modèles rigou­reu­se­ment iden­tiques sauf que non en fait, celui-là il est outre­mer et celui-ci il est éme­raude, ça fait une dif­fé­rence kan­mèm. Le NDA — non-dis­clo­sure agree­ment, accord de non-divul­ga­tion en bon fran­çais — est pour le mar­di à 14 h.

Très bien, vous dites-vous enthou­siaste, on va donc pré­pa­rer la pré­sen­ta­tion des ces magni­fiques appa­reils mar­di matin, c’est par­fait.

Le mar­di matin, en arri­vant au bou­lot, vous décou­vrez stu­pé­fait qu’un site concur­rent de la rive gauche de la Manche pré­sente 48 appa­reils d’un autre construc­teur, lequel n’a pas eu la déli­ca­tesse élé­men­taire de pré­ve­nir. Vous vous jetez à corps per­du dans la bagarre pour pré­sen­ter au plus vite cet éle­vage de clones, ah non, par­don, y’en a un ver­millon et l’autre bor­deaux, kan­mèm. Du coup, à 14 heures, vous êtes à cent lieues d’avoir conclu votre pré­sen­ta­tion du trou­peau annon­cé poli­ment en fin de semaine, et vous pas­sez l’après-midi autant à la bourre que le matin.

Mer­ci qui ? Mer­ci… (en deux syl­labes, avec une rime.)

Mer­cre­di matin, pré­sen­ta­tion d’une armée de 68 appa­reils com­pacts, 42 impri­mantes et 12 cal­cu­la­trices par un autre construc­teur. Inté­res­sant ? Ben… Ah si, y’a un com­pact étanche à objec­tif télé­sco­pique, une rare­té plus vue depuis des lustres. C’est tout ? C’est tout. Me dites pas que j’ai l’air de mau­vaise humeur, le mer­cre­di, je suis juste pas cen­sé m’occuper de ça.

Du coup, puisque ladite pré­sen­ta­tion avait lieu à la Défense, je décide d’aller décou­vrir les pis­cines du coin. Mon­ther­lant, chouette, fer­mée pour vidange… Y’a des jours comme ça… Auteuil, ouais, ouverte, bou­diou, 4,3 m de pro­fon­deur, c’est là qu’il faut venir tes­ter les ima­geurs étanches !

Sor­tie, direc­tion le cinoche. Slum­dog mil­lio­naire. Oui, bouf­fer des bisou­nours en écou­tant des sha­mal­lows bai­ser Bar­ry White, exac­te­ment. Quelle hor­reur.

Bref, un beau mer­cre­di de merde comme il en arrive par­fois, qui a sui­vi un mar­di guère mieux.

Heu­reu­se­ment, jeu­di, ç’a été moins pire. J’ai juste pas­sé la mati­née à cher­cher un ordi­na­teur (com­ment ça, écran mat haute défi­ni­tion avec carte gra­phique pas Intel, ça existe pas ?), peut-être trou­vé du côté de… Leno­vo, recherche confir­ma­tion de quelques détails, on ver­ra. Ensuite, après avoir eu envie de ger­ber sur un film cen­sé être émou­vant, magni­fique, gran­diose, tout ça, je me suis dit que deux mer­douses bien pré­vi­sibles seraient de meilleurs choix : j’ai donc enchaî­né Volt, star mal­gré lui et Le sémi­naire.

Volt, c’est Tru­man Bur­bank, ver­sion canine. Il est convain­cu de vivre des aven­tures pal­pi­tantes, alors qu’il n’est que l’acteur d’une série télé. Et la vraie vie, tu vois, c’est pas la télé. 100% pré­vi­sible, de l’humour potache au scé­na­rio revu, mais ça passe bien, en fait. Le seul truc, c’est que le len­de­main soir ça ne laisse déjà plus aucun sou­ve­nir : c’est pas super mar­quant (ben tiens, c’est du Dis­ney, vous saveï), c’est très loin de Cars (dont le réa­li­sa­teur était prod’ exéc’ sur Volt), mais ça rem­plit le contrat sans don­ner envie de pas­ser le scé­na­riste par les armes, c’est déjà ça.

Quant au sémi­naire d’entreprise dans lequel se retrouvent Her­vé Dumont et Jean-Claude Conve­nant, c’est là encore sans grande sur­prise, puisqu’il s’agit de la énième décli­nai­son des per­son­nages de Camé­ra café. Les per­son­nages ont pris dix ans, la femme de Jean-Claude s’est bar­rée, Syl­vain est mort, Maë­va enceinte, Her­vé et Fred ont une fille (Marie-George), bref, rien à signa­ler. Ah si, quand même, la minute geek : les ani­maux qui repré­sentent les dif­fé­rents carac­tères ana­ly­sés par le direc­teur du sémi­naire, dans le plus pur style des cou­ver­tures des fameux bou­quins d’O’Reilly.

Au final, pas désa­gréable, même si un léger goût de redite — il manque plein de per­son­nages secon­daires qui avaient pris une cer­taine impor­tance dans la série et qui étaient source de renou­vel­le­ment, André par exemple…

Enfin, ce soir, nou­velle stu­pé­fiante : la Sécu­ri­té sociale a recon­nu mon exis­tence et m’offre le sta­tut d’assuré social. À par­tir du 12 février, ce qui signi­fie que gros­so modo elle a per­çu 15 mois de coti­sa­tions et ne se deman­de­ra jamais d’où ils sont venus ni à quoi ils auraient bien pu ser­vir.