C’est pas le premier lapsus, mais celui-ci…

Nico­las Sar­ko­zy, hier :

Avant même de pen­ser à un autre man­dat, je dois pen­ser à finir celui-là.

Pour ceux qui auraient zap­pé ce détail, petit rap­pel : “celui-ci” et “celui-là” sont des pro­noms démons­tra­tifs, sou­vent uti­li­sés en oppo­si­tion. “Celui-ci” désigne une enti­té consi­dé­rée comme proche ; “celui-là” désigne une enti­té consi­dé­rée comme lointaine.

Si l’on se concentre sur l’op­po­si­tion entre man­dat à venir et man­dat en cours, dans cet ordre, “celui-là” désigne obli­ga­toi­re­ment le man­dat… à venir. Le man­dat en cours, c’est celui-ci et pas un autre. Selon son lap­sus, Sar­ko­zy veut donc finir le man­dat 2012–2017, pas le 2007–2012.

Si l’on se concentre sur la séman­tique de la phrase, où il est évident que ce “celui-là” est cen­sé dési­gner le man­dat en cours, on obtient une autre conclu­sion amu­sante : par l’emploi de “celui-là” plu­tôt que de “celui-ci”, Sar­ko­zy mani­feste son éloi­gne­ment moral du man­dat en cours. En somme, il sous-entend : “je ne me sens pas impli­qué dans ma tâche actuelle de président”.

Les deux inter­pré­ta­tions sont éga­le­ment fan­dardes, je vous laisse donc choi­sir la vôtre.