Blackthorn : à voir en vidéo…

Vous avez peut-être enten­du par­ler de Black­thorn. C’est un film, un wes­tern andin plus pré­ci­sé­ment, qui semble par­tir du pos­tu­lat que Butck Cas­si­dy n’est pas mort vers 1908 mais bien plus tard.

Ce film a été lan­cé avec un cer­tain reten­tis­se­ment. Il a été por­té par d’excellentes cri­tiques et un très bon bouche-à-oreille.

Du coup, on était plu­sieurs à vou­loir le voir, donc plu­tôt que d’y aller tout seul j’ai pré­fé­ré voir s’il était pos­sible d’en faire une sor­tie de groupe. Les dis­po­ni­bi­li­tés des uns et des autres étant ce qu’elles sont, c’est tom­bé à l’eau, mais je ne m’inquiétais guère, convain­cu que je pour­rais le voir sans sou­cis en troi­sième semaine — un film encen­sé, dans la période qu’on tra­verse, la logique vou­drait qu’il reste long­temps lar­ge­ment dif­fu­sé.

Pro­blème : aujourd’hui, en troi­sième semaine donc, il n’est plus joué que dans trois salles à Paris. Et encore l’Orient-Express ne le passe-t-il plus qu’en soi­rée ! Il ne reste donc plus que le mk2 Odéon et le Gau­mont Mont­par­nasse si on veut le voir avant 18h20 (ce qui ne m’arrange guère, c’est assez pré­ci­sé­ment à l’autre bout de Paris).

Mes­sieurs de BAC films, qui le dis­tri­buez dans nos contrées, je vous le dis : j’ai un peu de mal à com­prendre. Je sais que vous n’êtes pas la plus grosse socié­té de dis­tri­bu­tion en France et que vous devez avoir un peu de mal à pous­ser vos œuvres, mais si j’ai bonne mémoire, Be bad !, mal­gré ses cri­tiques moins enthou­siastes, avait fait l’objet d’une dis­tri­bu­tion bien plus géné­reuse…

Mes­sieurs les gérants de salles, ça vaut sur­tout pour vous. Choi­sis­sez-vous vos films pour les ciné­philes, ou pour les pro­duc­teurs ? Sor­ti la même semaine, le très moyen (si j’en crois les cri­tiques) R.I.F. passe encore dans 206 salles, trois fois plus que Black­thorn. Quelle est la logique der­rière ?

J’en suis réduit à me deman­der si je me tape une heure de trans­ports pour aller le voir à l’Odéon, si je sacri­fie ma soi­rée pour aller le voir aux Halles, ou si je laisse tom­ber et me dis que je le ver­rai en vidéo… Un peu triste, s’pas ?