Euthanasie

Petit rappel : l’euthanasie, c’est littéralement la « bonne mort ».

Ce qui différencie l’euthanasie des autres morts, c’est qu’elle est bonne pour celui qui meurt, soit (au sens classique) parce qu’elle est moins violente et plus digne qu’une autre, soit (au sens moderne) parce qu’elle met fin à une souffrance incurable.

Utiliser ce terme lorsqu’on met fin à la vie d’un être pour assurer la sécurité des autres, qu’il s’agisse d’un chien mordeur, d’un éléphant porteur d’une maladie (mais non malade lui-même) ou d’un condamné à mort, ce n’est pas une euthanasie ; c’est un abattage ou une exécution.

J’aimerais donc que mes confrères évitent de l’utiliser comme euphémisme : il y a à peu près la même différence entre euthanasie et exécution qu’entre amour et viol.

(Et juste pour la beauté du point Godwin, je signalerai que le précédent cas où « euthanasie » a été utilisé pour désigner des exécutions visant à protéger ce qui était perçu comme l’intérêt général, c’est quand les eugénistes proposaient d’abattre les populations ne remplissant par leurs critères, comme les nazis avec Aktion T4.)