Apprivoiser un Mac : la Magic Mouse

Dans mon nouveau boulot, on m’a vite fait comprendre que j’avais le choix : Mac OS X ou Windows. Cela fait donc un mois et demi que je suis sous Mountain Lion au bureau, et je suis bien entendu toujours sous Mint Cinnamon chez moi. Après avoir traité le clavier, voici mes remarques concernant la souris qui équipe l’iMac 21,5 pouces du bureau.

Préambule : j’aime avoir la partie charnue de la main au contact du dos de la souris. Du coup, j’ai jamais aimé les souris petites et basses. J’aime pas non plus avoir des angles sous les doigts et j’apprécie que les différents boutons soient bien identifiés, y compris au toucher. Autrement dit, j’étais programmé pour détester les Apple Magic Mouse — ultra-plates, avec un angle bien marqué aux bords et zéro bouton visible.

Je m’y suis étonnamment bien fait, au point de considérer la souris comme un point fort du « système Mac » — même s’il y a des choses à améliorer.

Concernant la prise en mains, je remercie le concepteur de ma chaise de bureau, qui a placé des accoudoirs réglables en hauteur. J’ai ainsi pu les aligner sur la table : l’avant-bras étant soutenu, le manque d’arrondi de la souris devient beaucoup moins gênant. Elle reste inconfortable sur les angles, mais bon, c’est déjà moins gênant quand on ne la touche plus que du bout des doigts.

Ce qui fait toutes les qualités de la souris, c’est la surface tactile. La Magic Mouse reprend en fait les côtés agréables d’un touchpad réussi, et les colle sur une souris. C’est agréable pour naviguer dans un document, par exemple : défilement vertical et horizontal sont gérés de la même manière, souplement et sans coupure — au contraire des souris PC classiques, qui utilisent une molette pour le défilement vertical et des clics latéraux pour le défilement horizontal¹.

Je me suis particulièrement bien fait au « glisser à deux doigts » pour passer d’un bureau à l’autre, au point d’avoir naturellement tendance à essayer de faire pareil à la maison sur ma Logitech LX8. La possibilité de séparer les gestes à un doigt des gestes à deux doigts demande un petit apprentissage, mais la souplesse de l’ensemble fait plus que compenser la difficulté initiale.

Un bémol toutefois : le même geste (glissade latérale à un doigt) est utilisé pour le défilement horizontal et pour appeler la page précédente ou suivante dans un navigateur. Il m’arrive régulièrement de quitter la page sur laquelle je suis parce que j’ai voulu aller voir un truc plus à droite de la fenêtre… Sur ma LX8, le défilement est attribué aux clics latéraux de la molette, l’historique aux boutons latéraux, c’est plus propre.

Autre bémol : la Magic Mouse ne gère pas d’origine le clic central. Heureusement, il y a BetterTouchTool, conçu pour les trackpads mais qui gère aussi les Magic Mice (et d’autres choses, on y reviendra). Il permet de multiplier les zones quasiment à l’infini et d’attribuer des fonctions à volonté, au clic, à la glissade, en fonction du nombre de doigts etc. Il suffit de dix secondes pour lui dire que l’événement « clic central » est créé en cliquant avec un seul doigt au milieu de la souris.

Cela pose tout de même un petit problème matériel : il n’y a aucun repère du milieu de la Magic Mouse, ni visuel ni tactile. Du coup, il arrive régulièrement de se planter de deux millimètres et de faire un clic gauche ou un clic droit. Là encore, une période d’apprentissage est donc nécessaire, alors qu’il suffirait d’une petite ligne d’un demi-millimètre au milieu du dos pour accrocher le doigt qui cherche le centre…

Enfin, la Magic Mouse a un vrai inconvénient : son autonomie. Ma LX8 tient six mois avec une paire d’accus AA, la Magic Mouse fait… deux semaines, max. Je pense que l’utilisation du protocole BlueTooth est ici un handicap (il est régulièrement critiqué pour sa gourmandise en échanges de données, que l’on doit retrouver sur l’autonomie) face au protocole radio basique employé par les claviers et souris Logitech. Du coup, au bureau, tout le monde a un Mobee, un plateau à induction permettant de recharger une batterie spéciale en posant la souris dessus ; faut juste que je prenne l’habitude de la mettre sur sa base quand je pars manger à midi, ce qui n’est pas encore gagné.

¹ Inutile de me rappeler que certaines ne gèrent toujours que le défilement vertical et qu’il faut alors aller chercher un ascenseur horizontal pour naviguer de gauche à droite : mes doigts refusent obstinément de toucher ce type de souris.