Psychologie de l’éprouvette

Entendu à l’instant sur France 2 :

Si déjà euh on dit à un gamin « ben t’es né euh d’une cellule machin obtenue par euh don d’ovocyte don de », quelle identité il va avoir ?

Il se trouve que je peux vaguement en parler : j’en connais un. Quand j’étais pion, un de mes premiers élèves avait un frère et une sœur jumeaux. Comme je m’en étonnais et plaignais leur mère d’avoir eu des triplés, il m’a répondu, vaguement fiérot : « ouais, on est les premiers bébés-éprouvettes du département ».

Alors, c’était quoi, son identité ?

Ben, il était marrant, cultivé et intelligent, il avait d’ailleurs je crois un an d’avance à l’école, il avait un côté petit con un peu provocateur qui aime tester les limites de l’autorité, il s’intéressait aux filles (je précise parce que ça a l’air important pour les cons qui disent que personne ne les écoute mais qui monopolisent l’attention aujourd’hui), il était bavard et aimait réinterpréter les textes à sa façon, surtout quand il s’agissait du règlement de l’internat.

Bref, c’était un élève de seconde 100 % normal.

Vous me direz que je ne sais pas quel adulte il est devenu. Certes, mais il paraît qu’en psychologie, tout se joue dans les premières années ; à 15 ans, s’il avait eu des névroses plus graves que la moyenne, ça aurait dû commencer à se voir.