Si vous passez à la Villette…

Comme tous les ans, le parc de la Villette, à Paris, organise des projections en plein air. La sélection 2014 tourne autour de l’adolescence, ce qui n’empêche pas d’avoir une belle variété de films, tragiques ou comiques, nuls ou excellents. Au cas où vous passeriez dans le coin, les séances commencent normalement à la tombée du jour, c’est gratuit en fonction de la place disponible.

J’ai évidemment pas encore décidé ce que j’allais (re)voir, mais si vous passez dans le coin, voici une petite sélection totalement subjective.

À voir

24 juillet : Moonrise kingdom de Wes Anderson, 2012, 1h34. 7,6 sur Sens Critique, 3,7 (presse) et 4 (public) sur Allociné.
Anderson est taré, pour le meilleur ou pour le pire, et en l’occurrence c’est pour le meilleur. En plus, Bruce Willis a des cheveux.

1er août : Les enfants-loups, Ame et Yuki de Mamoru Hosoda, 2012, 1h57. 7,9 sur Sens Critique, 4,1 (presse) et 4,5 (public) sur Allociné.
Superbe graphiquement, parfaitement construit, fin, intelligent, émouvant, amusant, c’est tout simplement un bijou malgré une morale un poil téléphonée. Si vous n’en voyez qu’un, faites en sorte que ça soit celui-ci.

Les enfants-loups, Ame et Yuki — le petit coup de cœur de la sélection.
Les enfants-loups, Ame et Yuki — le petit coup de cœur de la sélection.

23 août : Elephant de Gus van Sant, 2003, 1h21. 7,1 sur Sens Critique, 4,4 (presse) et 3,6 (public) sur Allociné.
On peut aimer ou pas les gimmicks de Van Sant, spécialiste de la narration non-chronologique et de l’ellipse à contre-pied. Mais de mon point de vue, c’est un bon film pour comprendre comment Godard aurait pu faire des œuvres fascinantes s’il s’était intéressé à son histoire et à ses personnages au lieu de se regarder le nombril.

Facultatifs

13 août : Martha Marcy May Marlene de Sean Durkin, 2012, 1h41. 5,4 sur Sens Critique, 3,8 (presse) et 3,5 (public) sur Allociné.
C’est très bon, franchement réussi, il faut l’avoir vu. Par contre, j’ai pas forcément envie de le revoir là maintenant.

15 août : Somewhere de Sofia Coppola, 2010, 1h38. 5,6 sur Sens Critique, 3 (presse) et 2,2 (public) sur Allociné.
C’est pas le meilleur de la petite Coppola, mais il a un certain charme pour qui est d’humeur à se laisser fasciner par l’ennui des autres.

17 août : Lolita de Stanley Kubrick, 1962, 2h33. 7,5 sur Sens Critique, 3,9 (public) sur Allociné.
À voir pour sa culture personnelle, mais ça reste le film où chaque plan fait deux secondes de trop. Et une adaptation bien sage, limite prude, d’un roman sulfureux (tant qu’à diffuser un Lolita, celui d’Adrian Lyne aurait été un meilleur choix).

22 août : Les beaux gosses de Riad Sattouf, 2009, 1h30. 5,9 sur Sens Critique, 4,2 (presse) et 2,9 (public) sur Allociné.
On peut pas dire que ça soit un film bouleversant, mais dans cette programmation un peu intello, c’est cool d’avoir un film ouvertement crétin destiné à amuser sans se prendre la tête.

Les beaux gosses : rien d'un chef-d'œuvre, mais un moment de détente.
Les beaux gosses : rien d’un chef-d’œuvre, mais un moment de détente.

Pas vus mais tentants

23 juillet : The We and the I de Michel Gondry, 2012, 1h43. 6,5 sur Sens Critique, 3,8 (presse) et 3,2 (public) sur Allociné.
Gondry est barré, ses films sont toujours surprenants (à défaut d’être toujours réussis), donc ça fait envie.

25 juillet : Camille redouble de Noémie Lvovsky, 2012, 1h55. 6,2 sur Sens Critique, 4,1 (presse) et 3,3 (public) sur Allociné.
À sa sortie, le film a été encensé et a généré beaucoup d’émotion, du coup je me dis « pourquoi pas » bien que sur le papier ça ait l’air un peu sucré à mon goût.

27 juillet : Quadrophenia de Franc Roddam, 1979, 1h57. 6,7 sur Sens Critique, 4 (presse) et 3,6 (public) sur Allociné.
Le pitch rappelle un peu West side story, mais il paraît que c’est plus glauque et la musique devrait être excellente.

30 juillet : Le dernier été de la Boyita de Julia Solomonoff, 2010, 1h30. 6,9 sur Sens Critique, 3,8 (presse) et 3,7 (public) sur Allociné.
Si ma mémoire est bonne, il avait suscité pas mal d’émotion à sa sortie, et ses moyennes relativement ordinaires cachent un cas rare : personne ne l’a trouvé mauvais. Du coup, pourquoi pas ?

7 août : Sweet sixteen de Ken Loach, 2002, 1h46. 7,5 sur Sens Critique, 4,5 (presse) et 3,7 (public) sur Allociné.
Ken a fait un petit lot de films terriblement bons sous des airs de pas y toucher, et celui-ci a des critiques enthousiastes, donc faudra le voir un jour.

10 août : À bout de course de Sydney Lumet, 1988, 1h55. 8,2 sur Sens Critique, 4,8 (presse) et 4,1 (public) sur Allociné.
Un film de cavale avec des critiques dithyrambiques, réalisé par un type loin d’être mauvais, ça doit se regarder.

16 août : Carrie au bal du diable de Brian de Palma, 1976, 1h38. 7,2 sur Sens Critique, 4,3 (presse) et 3,6 (public) sur Allociné.
Apparemment, il a beaucoup marqué les esprits à l’époque, donc faudra le voir un jour pour me faire ma propre idée.

Il faudra que je le voie un jour… Alors pourquoi pas en plein air ?
Il faudra que je le voie un jour… Alors pourquoi pas en plein air ?

21 août : Half Nelson de Ryan Fleck, 2006, 1h46. 6,7 sur Sens Critique, 3,8 (presse) et 3,3 (public) sur Allociné.
Une histoire de prof blasé, des critiques franchement bonnes pour un premier film, et la curiosité de voir Ryan Gosling avant qu’il soit connu.

Pas vus et pas spécialement envie

26 juillet : Scream 4 de Wes Craven, 2011, 1h50. 5,5 sur Sens Critique, 3,3 (presse) et 3,1 (public) sur Allociné.
J’avais vu Scream 3 au ciné, ça m’avait déjà pas donné envie de voir les deux premiers.

31 juillet : À nos amours de Maurice Pialat, 1983, 1h35. 7,5 sur Sens Critique, 3,5 (public) sur Allociné.
Le résumé me donne des haut-le-cœur et je me demande brutalement si ça n’est pas un film fondateur de la prise de courge à la française.

2 août : American graffiti de George Lucas, 1974, 1h50. 6,7 sur Sens Critique, 3 (presse) et 3,4 (public) sur Allociné.
Les œuvres de jeunesse de George Lucas sont rarement bouleversantes et j’ai l’impression d’avoir vu le film cent fois, donc je vais sûrement passer mon tour.

3 août : Deep end de Jerzy Skolimowski, 1971, 1h30. 7,7 sur Sens Critique, 4,9 (presse) et 3,8 (public) sur Allociné.
Ça ressemble à un thriller sentimental sans intérêt.

6 août : 17 filles de Muriel et Delphine Coulin, 2011, 1h27. 5,4 sur Sens Critique, 3,8 (presse) et 2,9 (public) sur Allociné.
Le pitch attire la curiosité, mais les notes et critiques donnent envie de rester chez soi.

8 août : Hairspray de John Waters, 1988, 1h36. 6,8 sur Sens Critique, 3,5 (public) sur Allociné.
Laissez-moi réfléchir… Ça ressemble foutrement à La fièvre du samedi soir, Grease et autres daubasses du genre, non ?

9 août : Chacun cherche son chat de Cédric Klapisch, 1996, 1h35. 6 sur Sens Critique, 2,9 (public) sur Allociné.
Là comme ça sur le papier, ça a l’air niais. Et il ne semble pas avoir enthousiasmé les foules non plus.

14 août : Pauline à la plage de Éric Rohmer, 1983, 1h34. 6,4 sur Sens Critique, 3,8 (presse) et 2,9 (public) sur Allociné.
J’avoue, c’est un préjugé, mais Rohmer me fait penser à la nouvelle vague, aux machins chiants et abscons de Godard et à l’onanisme cérébral. En plus, y’a Pascal Greggory, qui n’a jamais compris qu’un plateau de cinéma n’est pas une scène de théâtre, et Arielle Dombasle, qui n’a jamais compris.

20 août : L’été de Giacomo d’Alessandro Comodin, 2011, 1h18. 6,8 sur Sens Critique, 3,6 (presse) et 2,1 (public) sur Allociné.
Les critiques sont partagées, ce qui peut être bon signe, mais ça a aussi l’air un peu lourd.

24 août : Fame d’Alan Parker, 1980, 2h15. 5,8 sur Sens Critique, 3 (public) sur Allociné.
Comédie dramatique musicale, avec un point de départ qui rappelle trop de daubes de la même époque.

Les grands absents

Il y a aussi des films qui me paraissent utiles dans une sélection sur l’adolescence. Je peux comprendre qu’on ne passe pas Maladolescenza de Pier Giuseppe Murgia ou Ken park de Larry Clark, un peu délicats à diffuser en public. Mais quand même, où est passé Broken de Rufus Norris ? Pourquoi pas I used to be darker de Matthew Porterfield ou Hanna de Joe Wright ? Pourquoi pas le fantastico-glauque The prodigies d’Antoine Charreyron ? Et tant qu’à passer plein d’histoires de radio-crochets et concours de danse des années 70, pourquoi pas montrer que le genre n’est (hélas) pas totalement mort avec un Bandslam de Todd Graff ?

Bien sûr, toute sélection impose des renoncements. Mais il y a, j’ai l’impression, plusieurs films de la même veine (Fame et Hairspray, À nos amours, Pauline à la plage et L’été de Giacomo, …), donc plusieurs occasions de faire de la place pour augmenter la variété…

  • Patale

    Ben y’en a des films sympas ; pas mal en août aussi : tu viens quand même ? 😉