La cocaïne autorisée !

Vous le savez, Le Monde, c’est un journal sérieux. Pas le genre à se jeter sur un scoop et à le monter en épingle sans réfléchir.

Du coup, quand un de ses journalistes sportifs est mis au courant d’une révolution judiciaire, plutôt que d’en faire la « une » du journal, il le glisse juste dans un article sur ses sujets habituels.

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C’est pourtant pas rien : alors que les débats autour de l’éventuelle dépénalisation de l’usage récréatif du cannabis continuent depuis des années, c’est carrément la cocaïne qui n’est plus interdite ! Un journal moins sérieux aurait sans doute, face à une telle révolution, au moins publié un dossier spécial, si ce n’est un numéro hors-série, mais ce n’est pas le genre du Monde, fidèle à sa réputation de flegme et de neutralité.

Arrêtons les conneries : la cocaïne est bien toujours inscrite au tableau I de la convention sur les stupéfiants de 1961 et son utilisation récréative est normalement illégale dans tous les pays signataires. En France, « l’usage illicite de l’une des substances ou plantes classées comme stupéfiants est puni d’un an d’emprisonnement et de 3750 euros d’amende » (article L3421-1 du Code de la santé publique), et il n’y a à ma connaissance aucun usage licite de la cocaïne (au contraire de la morphine par exemple, elle aussi classée au tableau I, mais utilisée en France sous strict contrôle médical).

Bref, elle est toujours interdite en France, sur un vélo ou pas, et c’est une énorme faute que de publier le contraire. J’attends avec impatience le premier procès où mon confrère du Monde sera cité à comparaître pour la défense d’un cocaïnomane qui, bien informé par ce journal sérieux, aura compris que l’utilisation de la cocaïne avait été légalisée…

  • Philippe Ballarini

    Je me vois très bien me rendre au bistrot du coin : « Un café serré, un baby sans glaçon* et un rail, siouplé ! »

    * Euh… le baby, c’est pour refroidir un peu le café trop chaud, bien sûr !