Programme de la Villette

Comme l’an passé, l’été sera l’occasion de voir ou revoir des films, en plein air, sur la pelouse de la Villette (Paris vingtième), cette fois autour du thème du logis. Du coup, comme l’an passé, voici ma petite sélection.

À voir

23 juillet : Le château dans le ciel de Hayao Miyazaki
Réalisé en 1986, c’est le premier film produit par le nouveau studio Ghibli, que Miyazaki vient de fonder avec Isao Takahata. Sur un plan purement cinématographique, il n’atteint pas le niveau de maîtrise de Princesse Mononoke et Le voyage de Chihiro, mais j’ai une petite tendresse particulière pour ce premier grand Miyazaki, adaptation très libre d’un passage des Voyages de Gulliver, qui se passe largement dans des choses qui volent, avec un côté vernien indiscutable (relisez Robur le conquérant si vous le voyez pas), où l’on pré-voit tout ce que Miyazaki fera de sublimement génial dans les décennies suivantes.

Le château dans le ciel, naissance d'un studio de géants. image studio Ghibli
Le château dans le ciel, naissance d’un studio de géants. image studio Ghibli

12 août : Inside Llewin Davis de Joel et Ethan Coen
Un portrait de loser, de la folk music et Carey Mulligan, que demander de plus ? C’est tendre, pathétique, émouvant, amusant, et ça fait encore plus de bien aux oreilles qu’aux yeux.

Facultatifs

22 juillet : The ghost writer de Roman Polanski
Enfin un film sur un nègre qui ne se sent pas obligé de parler d’esclavage ! Euh pardon, jeu de mots pourri, ça m’a échappé. Bref. Un bon thriller, bourré de politique-fiction et plutôt intelligent, qu’il est bon de voir au moins une fois, mais qui n’est pas forcément non plus un chef-d’œuvre à revoir inlassablement. (Oui, je sais, c’est commencé, désolé, l’admin du blog rame ce soir, ça fait une demi-heure que j’essaie de publier ce billet.)

6 août : Last days de Gus Van Sant
C’est l’histoire d’un chanteur grunge qui chantait « I swear that I don’t have a gun » mais qui avait un fusil. Comme Elephant, c’est bourré d’ellipses, de flashes-back et de flashes-forward, et la même scène est représentée sous plusieurs angles et en plusieurs variantes. À voir une fois par curiosité.

7 août : Le mépris de Jean-Luc Godard
Sommet de la carrière de Godard et de celle de Bardot, c’est grandiose, sublime, magnifique, certaines scènes sont stupéfiantes, et c’est aussi sacrément chiant.

15 août : Shutter island de Martin Scorsese
Un bon polar à huis clos, superbement réalisé et interprété, avec un retournement glaçant en cours de route : c’est extrêmement réussi. Mais c’est aussi un film que, je pense, on peut se contenter d’avoir vu une fois.

22 août : The shining de Stanley Kubrick
C’est pas le pire Kubrick, loin s’en faut. Mais c’est aussi très loin d’être le meilleur et, franchement, ça m’en a touché une sans faire bouger l’autre.

La principale bonne raison de voir The Shining, c'est de plus rater les plans inspirés de celui-ci dans les autres films. photo Warner Bros
La principale bonne raison de voir The Shining, c’est de ne plus rater les plans qu’il a inspirés dans d’autres films (même Infinitely polar bear y est passé). photo Warner Bros

Pas vus, pourquoi pas ?

26 juillet : Rebecca d’Alfred Hitchcock
Meilleur film en 1941, un réalisateur souvent pas mauvais et un thème classique mais qui peut être sympa, pourquoi pas ?

1er août : Take shelter de Jeff Nichols
Encensé à sa sortie, ce film me faisait très envie, et puis je l’ai raté je ne sais plus pourquoi. Peut-être l’occasion de rattraper mon retard.

2 août : La garçonnière de Billy Wilder
Ça ressemble à un Vaudeville mais on nous promet un film social, ça peut attirer l’attention.

5 août : Woody et les robots de Woody Allen
De la SF parodique et déjantée, paraît-il. Peut être amusant, du coup ?

8 août : Beetlejuice de Tim Burton
Un des premiers Burton, à l’époque où Batman ne l’avait pas encore rendu célèbre, ma curiosité est titillée.

En 1988, Burton avait déjà des goûts bizarres en matière de maquillage. photo Warner Brothers
En 1988, Burton avait déjà des goûts bizarres en matière de maquillage. photo Warner Brothers

19 août : La cité interdite de Zhang Yimou
Yimou a fait deux-trois trucs sympas, alors pourquoi pas ?

Pas vus, mais sans façon merci

24 juillet : Ressources humaines de Laurent Cantet
« Dans une veine proche des frères Dardenne, le film tombe à pic pour nous rappeler que même en période de crise, l’humain devrait toujours passer au premier plan. » Franchement, ça fait envie à quelqu’un, ça ?

25 juillet : Devdas de Leela Bhansali Sanjai
Trois heures de Bollywood, c’est précisément 2h55 de trop.

29 juillet : Loin du paradis de Todd Haynes
Là comme ça, j’ai l’impression de l’avoir vu dix fois.

30 juillet : L’Apollonide, souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello
Il a fait beaucoup de bruit à sa sortie mais m’avait absolument pas attiré. Il ne m’attire toujours pas, même si j’avoue que je suis curieux de voir comment ils vont mettre en place l’interdiction aux moins de 12 ans sur une pelouse d’un parc ouvert.

31 juillet : Caché de Michael Haneke
C’est peut-être un mauvais préjugé, mais les bandes-annonces de Haneke ont déjà l’air chiantes.

9 août : Hantise de George Cukor
Il est sans doute très bien, mais là comme ça, une belle jeune femme qui bascule dans la paranoïa, ça m’attire moyen.

13 août : Louise Wimmer de Cyril Mennegun
Je supporte pas Coline Masiero quand je la vois deux minutes dans un épisode de série télé, j’ai pas envie de me la fader plus d’une heure.

14 août : Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois
Désolé, mais perso, je m’en cogne des moins de Tibhirine.

16 août : L’aventure de Mme Muir de Joseph Mankiewicz
C’étaient peut-être pas des clichés en 1948, mais ça a l’air bourré de clichés vu d’aujourd’hui.

20 août : Kérity, la maison des contes de Dominique Monféry
Apparemment, c’est un film pour enfants vraiment pour enfants. J’ai pas d’enfant.

21 août : Mon oncle de Jacques Tati
Jour de fête était sympa mais sans plus, du coup j’ai pas vraiment envie de réessayer du Tati.

23 août : Moulin rouge de Baz Luhrmann
Le Moulin-Rouge m’a jamais intéressé, la Belle époque non plus, désolé.

Il en manque !

Dans une thématique sur la maison, le logis, le foyer, je suis un peu surpris de voir certains films hors-sujet (Inside Llewin Davis, c’est limite un road-trip par moments, quand même !). Et je suis un peu surpris de ne pas voir certains huis-clos entièrement à la maison, comme l’excellent thriller Panic room de David Fincher ou le noir The purge de James DeMonaco. Il m’avait pas vraiment séduit, mais le « home-movie » Tu peux compter sur moi de Kenneth Lonergan aurait aussi été très intéressant dans cette thématique, et côté Miyazaki Le château ambulant ou même Mon voisin Totoro parlent bien plus de foyer que Le château dans le ciel