Joyeux anniversaire

Il a souf­fert d’une ges­ta­tion longue et dif­fi­cile : ses parents se déchi­rèrent bien avant sa nais­sance, son célèbre pre­mier géni­teur cla­qua la porte à la pre­mière écho­gra­phie et fut rapi­de­ment rem­pla­cé par un petit jeune mécon­nu et plus mal­léable. Après des semaines d’hésitation durant les­quelles l’avortement fut sérieu­se­ment envi­sa­gé, il subit plu­sieurs opé­ra­tions à cœur ouvert avant même l’accouchement. Sa nais­sance atti­ra fina­le­ment plus de mépris que d’applaudissements ; il faut dire que c’était un enfant par­ti­cu­lier. Il lui fal­lut fort long­temps pour pro­non­cer ses pre­miers mots et, même une fois ce cap fran­chi, il res­ta fort peu bavard. Au fond, son truc, c’était de mon­trer plu­tôt que de cau­ser, et ceux qui étaient capables d’apprécier ses longs silences et son phra­sé aride se délectent encore de son élé­gance phy­sique et de son sens de la poé­sie triste et réa­liste.

Show must go on. - capture du film
Show must go on. — cap­ture du film

Joyeux anni­ver­saire, Le Mans.