Joyeux anniversaire

Une tête affû­tée, des bras déli­cats et allon­gés, des muscles puis­sants mais fins de cou­reur de fond : il avait fière allure. Né pour mener la révo­lu­tion, il ne man­quait ni de cha­risme, ni d’é­lé­gance ; il pro­met­tait à ceux qui vou­laient l’en­tendre un ave­nir meilleur, un monde plus connec­té, une vie plus confor­table… une nou­velle ère en somme. Il cou­rut rapi­de­ment de suc­cès en suc­cès ; mais, tel une étoile filante, il ne brilla qu’un temps. Il souf­frait d’os­téo­po­rose pré­coce et, en vieillis­sant, ses os se bri­saient sans pré­ve­nir. S’il a pu subir des greffes pour résoudre le pro­blème, il a sur­tout énor­mé­ment appor­té à la méde­cine en per­met­tant de mieux com­prendre les effets de l’âge. Il ain­si évi­té à ses rem­pla­çants de connaître les mêmes pro­blèmes et, fina­le­ment, ses mal­heurs ont contri­bué à faire naître une nou­velle ère, un monde plus connec­té, une vie plus confor­table…

Pre­mier de son genre, ce fut une réus­site extra­or­di­naire… sui­vie d’ac­ci­dents encore plus extra­or­di­naires.

Joyeux anni­ver­saire, De Havilland Comet.