Mais où va crécher mon gosse ?

Alors, voilà, il paraît qu’il n’y a pas assez de places dans les crèches publiques. Que les Français font des tonnes de gosses et qu’il faut absolument qu’on leur paie des lits avec plein de gens autour pour que ces charmants bambins puissent grandir pendant que leurs parents produisent. Que c’est pas normal d’avoir des listes d’attente pareilles pour les crèches.

Alors donc, si je résume un peu abruptement, ce serait la moindre des choses que moi, je paie des impôts supplémentaires parce qu’un duo mixte d’inconséquents a jugé opportun d’oublier pilule et capote, puis ignoré la possibilité d’une IVG, sans s’assurer avant qu’ils avaient les moyens d’assumer les conséquences de leurs actes ?

Autant je veux bien payer des impôts pour sortir les gens de situations merdiques qu’ils n’ont pas choisies — genre chômage, maladie, handicap et consorts —, autant devoir assumer à leur place les problèmes que des gens se créent par leurs propres choix me fout les boules. Si vous faites des gosses, assumez : un minot, on le sait depuis fort longtemps, ça occupe un temps plein pendant cinq ans, puis largement un mi-temps pendant dix à quinze ans. Si vous êtes pas fichus de prendre ça en compte, il y a tout un panel de solutions, de la capote à la vasectomie.

  • eXploNumerik

    Malheureusement ce n’est pas si simple à mon avis. Si les gens devaient être riches (puisque si tu dis que ça prend un plein temps, c’est qu’il faut avoir les moyens de vivre sans bosser ou presque) pour avoir des enfants, on serait sans doute en décroissance dans le rapport décès/naissances. L’état aide donc les gens à avoir des enfants, c’est comme ça. Evidemment ça passe par les impôts de chacun. En fait dans le fond le problème n’est pas tellement là. Le soucis c’est que certaines personnes ne font pas qu’un ou deux gosses, mais toute une tripotée. Là ça devient délirant puisque beaucoup arrivent alors à vivre uniquement avec les allocations. Je ne dirais pas vivre confortablement, mais vivre correctement tout de même.

    Si on raisonne comme toi, on peut appliquer ça aux principes de la construction d’habitations. L’état aide (enfin finalement c’est nous qui finançons évidemment, avec les impôts) les constructeurs de maison basse consommation. Tu devrais alors dire que si on a pas l’argent on ne construit pas. Dans le principe tu aurais raison. Cela dit, imaginons un instant qu’une famille puisse faire construire car elle en a les moyens. Si cette famille a juste ce qu’il faut pour construire une pauvre maison traditionnelle isolée par l’intérieur avec 10 cm de laine de verre à peine, alors on se retrouvera avec une maison mal conçue de plus, qui sera un gouffre énergétique et qui contribuera à polluer encore plus notre belle planète. Maintenant si l’état est là pour aider cette famille financièrement à améliorer l’isolation de sa maison (c’est bien plus compliqué que ça car ça n’empêche pas de faire une maison de merde, mais c’est un long débat), alors la maison sera bien plus économique, et finalement on aura une maison plus respectueuse de l’environnement.

    Ce qu’il faut voir c’est que tout ceci est lié à la notion assez subjective de bonheur et de satisfaction personnelle. Si nous n’étions pas organisés en une société qui s’entraide (dans notre cas, par une gestion financière et politique de l’état), alors nous ne pourrions en effet que compter sur nous même. On revient au principe que tu exposes et qui est d’obtenir quelque chose par soi même, sans aucune aide extérieure. Je suis d’accord que les aides doivent en priorité aider les plus nécessiteux, mais si l’entraide ne participe pas non plus au bien être et au bonheur de chacun, alors on peut tout de suite s’orienter vers un autre modèle de société. Je n’ai pas la solution, et à mon avis le problème n’est pas de distribuer des aides, mais de limiter les abus et de donner à ceux qui en ont le plus besoin. Ce n’est pas pour autant qu’on doit supprimer les aides pour la natalité, pour l’environnement, etc, pour tout concentrer sur le social.

    Je n’ai pas la prétention de penser connaitre la réponse à ces questions, cela mérite réflexion.

    Que penses-tu de tout cela ?

  • Riches, pas forcément. Mes parents vivaient avec 5 000 FF par mois environ. Mais ma mère gagnait… en limitant les dépenses : quelques lapins, des poules, un jardin, autant de choses qu’elle pouvait faire tout en me surveillant — suffisait de déplacer la poussette au bon endroit, jusqu’à ce que je susse marcher en tout cas. C’est pas tant une question de moyens que d’organisation — bien entendu, en ville, l’organisation est plus compliquée à mettre en place quand on n’a pas les moyens… Putains de villes. ><

    La construction d’habitations a deux différences fondamentales. D’une part, avoir un toit au-dessus de la tête n’est pas une contrainte choisie : nous sommes pour la plupart d’entre nous nés trop loin de l’équateur pour pouvoir nous en passer. Or, j’ai déjà dit que ça ne me gênait pas de payer collectivement pour aider des individus à affronter leurs contraintes subies. Dans le même cadre, au passage, ça ne me gêne pas de payer des impôts pour aider à l’élevage de gosses nés d’un viol ou de parents veufs ou abandonnés¹. D’autre part, construire une maison plus économe et écolo n’est pas qu’une question de confort personnel, mais également de confort collectif : plus certains auront des baraques écolos, moins nous cuirons tous autant que nous sommes.

    Avoir un gosse est en revanche, comme tu l’as dit, une satisfaction personnelle. Totalement incohérente sur le plan collectif, d’ailleurs, vu qu’on a commencé à sur-exploiter cette planète alors qu’on était environ 2 milliards d’habitants, qu’on est aujourd’hui 7 milliards et qu’on consomme individuellement de plus en plus de ressources. Du coup, personnellement, si j’ai un gosse, je serai conscient que c’est pour mon plaisir personnel (enfin, et celui de sa mère, admettons) et qu’il sera un poids pour la société par le simple fait de son existence — sans compter les subventions et allocations, donc. Bien entendu, si une place en crèche se présente, tant mieux, mais il ne me viendrait pas à l’idée de considérer comme anormal qu’il n’y en ait pas pour tous les enfants d’un an.

    Bien entendu, tout ceci est également relatif, et si demain on me propose de payer le même montant d’impôts en construisant des accueils pour tous et en remisant au placard quelques Rafale, un lot de SEM et leur porte-avions, quelques Leclerc et les bidasses qui vont dedans, il y a des chances que je devienne un fervent partisan de la crèche communale. ^^

    ¹Pour prendre un cas limite, je suis partagé sur l’idée des allocations à l’adoption : les adoptants choisissent une contrainte qu’ils doivent dès lors assumer, mais retirent à la société la charge laissée par des parents défaillants ou décédés. Il ne me paraît pas crétin qu’on leur transfère une partie des économies réalisées par l’Assistance publique, d’autant qu’il s’agira là d’un investissement sur l’avenir : un gosse élevé par des parents adoptifs est généralement mieux dans sa peau qu’un minot éduqué dans une usine.

  • Papy raleur

    Mais qui nourrira tous ces marmots, charmants, pisseux, cagueux, amusants, câlins, chiants etc… Notre terre n’est pas illimitée, et déjà dans les années 70 R. Dumont mettait en garde contre les problèmes liés à la surpopulation. D’après ses calculs l’agriculture sur terre pouvait nourrir 2 000 000 000 d’habitants. Actuellement nous sommes environ 7 milliards et on continue à ouvrir des crèches, créer des appartements à bas coûts et verser des allocations familiales. Pour l’humanité c’est du suicide mais aucun gouvernant ne parle de responsabilité des parents vis à vis (si je puis dire) de l’humanité. Vous allez me dire que l’agriculture fait des progrès, ce qui est vrai, mais vous oublierez l’autre face du problème, à savoir la déprise agricole. Actuellement en France on ne cultive plus que 60% de ce qui était productif dans les années 50, les plaines du Middlewest américain ne produisent quasiment plus sans engrais, idem pour la Beauce et la Brie en France ou pour les grandes plaines à blé du Pô ou d’Ukraine. Mais on continue à produire des chiares à tire-larigot (bon c’est vrai l’engrais n’est pas nécessaire !) bien qu’ils ne soient pas comestibles ! Et on continue à exiger des crèches, des jardins d’enfants, des logements sociaux et autres conforts qui ne seraient pas utiles si les parents savaient contrôler leurs pulsions. Les parents devraient payer à la collectivité pour leurs enfants, ce serait une responsabilisation des instincts et un baume au cœur de ceux qui supportent les hurlements, crachats, caprice de ces petits chéris dans les lieux publics ou supermarchés. Oui à l’impôt sur la reproduction irresponsable !