Joyeux anniversaire

Papa vou­lait un enfant plus vif, plus fort, plus endu­rant. Il le vou­lait sur­tout plus dis­cret : il en était convain­cu, pas­ser inaper­çu serait un savoir-faire indis­pen­sable à l’a­ve­nir. Il est facile de refaire l’His­toire a pos­te­rio­ri, et d’af­fir­mer que Papa était un peu bour­ré ou nos­tal­gique de l’é­poque où il par­ta­geait la cour avec un autre gigan­tesque trou­peau d’oi­seaux. Tou­jours est-il que dans le monde réel, où la mis­sion prin­ci­pale s’ap­pa­ren­tait plus à la démous­ti­ca­tion qu’à l’effarouchement de cor­beaux, le nou­veau rapace n’ap­por­tait rien de mieux que les aigles qui l’a­vaient pré­cé­dé. Et il a pas­sé l’es­sen­tiel de ses trente ans à faire de la mus­cu dans son coin en atten­dant les concours de Mis­ter Uni­vers, pen­dant que ses aînés et ses petits frères allaient, eux, au boulot.

Lockheed F-22 Raptor au meeting du comté de Los Angeles 2018
Fina­le­ment, la seule vraie réus­site du Rap­tor, ç’a été de mon­trer que les aéro­dy­na­mi­ciens étaient meilleurs qu’à l’é­poque du Nighthawk.

Joyeux anni­ver­saire, Lock­heed Raptor.