Joyeux anniversaire

Son père était Bre­ton, et vous savez com­ment sont les Bre­tons : la séche­resse de leur verbe com­pense l’hu­mi­di­té de leur cli­mat, et leur carac­tère sans détour masque par­fois la géné­ro­si­té de leur cœur. Elle était donc peu bavarde — ou, comme on dit à Rennes : elle ne par­lait pas pour ne rien dire. Elle ne pro­non­ça en tout et pour tout qu’une cin­quan­taine de mots, mais cha­cun était choi­si avec soin ; son élo­cu­tion claire et indis­cu­table s’im­po­sa à tous, et ceux qui ont depuis ten­té de lui répli­quer y ont géné­ra­le­ment lais­sé des plumes. Et si elle pou­vait paraître éco­nome, voire radine, son fond bien­veillant est venu au secours de bien des oppri­més.

Joyeux anni­ver­saire, loi Cres­sard.