Joyeux anniversaire

Il était né pour détruire la socié­té. Mettre à bas les fon­da­men­taux de l’hu­ma­ni­té. Déchi­rer les familles, cor­rompre les enfants, démon­ter le fra­gile édi­fice de nos consciences. C’é­tait une arme ato­mique, four­nie telle un jouet au bon plai­sir d’en­fants gâtés, inca­pables de com­prendre leur res­pon­sa­bi­li­té et d’ac­cep­ter leur place.

Et puis, bon, le temps a pas­sé. Il s’est avé­ré que ceux qui jouaient avec ce pétard mouillé étaient lar­ge­ment ceux qui s’a­mu­saient déjà avec la bom­bi­nette exis­tante. Que les nou­veaux admis à la table ne pra­ti­quaient pas un jeu si dif­fé­rent de leur pré­dé­ces­seurs. Que la socié­té, et bien… Que la socié­té ne s’est aper­çue de rien, n’est ni pire ni meilleure, que les familles qui se déchi­raient avant conti­nuent à le faire et que les enfants jadis heu­reux le sont tou­jours. Bref, qu’il n’a pas chan­gé grand-chose, à part dans l’es­prit malade d’une poi­gnée d’ir­ré­duc­tibles qui pré­fèrent se mêler des affaires des autres plu­tôt que de s’oc­cu­per de leur propre cul.

Joyeux anni­ver­saire, pacte civil de soli­da­ri­té.